LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2406556

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406556

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406556
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024, M. A B, représenté par Me Colnard-Wujczak, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Val-d'Oise de prendre à sa charge son hébergement provisoire d'urgence, sans délai, à compter de la décision à intervenir, et de réaliser l'évaluation prévue à l'article R. 221-11 du code de l'action sociale des familles, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du président du conseil départemental du Val-d'Oise la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- âgé de seize ans, il a été confié par un jugement en assistance éducative du 30 avril 2024 rendu par le juge des enfants près le tribunal judiciaire de Pontoise au service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise au visa des articles 375 à 375-8 du code civil, jusqu'au 30 octobre 2024 ;

- il a été placé dans un hôtel social dont les conditions d'accueil sont inadaptées à un adolescent de son âge et à ses besoins fondamentaux, il a été victime de violences graves et souffre de carences éducatives, les différents jugements rendus ont mis en exergue sa fragilité, sa colère, son sentiment d'injustice et sa violence, il est indéniable qu'il se met en danger par son comportement et qu'il relève du champ de la protection que lui offre la loi ;

- durant les huit jours de placement provisoire, l'aide sociale à l'enfance n'a pas été en mesure de lui proposer le moindre projet de placement dans une structure adaptée le laissant livré à lui-même en le renvoyant à voir avec la protection judiciaire de la jeunesse ;

- il a besoin de soins et un travail éducatif doit être entrepris d'urgence hors d'un cadre pénal qui le situe dans une position d'agresseur et non pas de victime ;

- les placements dans le cadre d'une assistance éducative n'ont débuté qu'en mars 2023 et ont été très brefs ce qui n'a pas permis un travail en profondeur, l'aide sociale à l'enfance ayant trouvé de la facilité dans la prise en charge familiale ;

- depuis le début de sa prise en charge, il a été évoqué la nécessité d'un séjour de rupture ;

- en ne prenant pas, dans un délai raisonnable, les mesures nécessaires pour qu'il bénéficie d'un hébergement et d'une prise en charge, en raison de l'absence de places disponibles au sein des structures d'hébergement des mineurs du département ouvertes en remplacement de l'hôtel, le département du Val-d'Oise porte atteinte à une liberté fondamentale attachée à son droit de bénéficier de la prise en charge organisée par le code de l'action sociale et des familles et du droit de ne pas subir une carence caractérisée, et, plus largement, est en cause son intérêt supérieur d'enfant également reconnu comme une liberté fondamentale ;

- l'atteinte ainsi caractérisée est, compte tenu du dispositif du code de l'action sociale et des familles et de la décision du juge des enfants, manifestement illégale puisque le département n'a pas d'appréciation à avoir et doit assurer sa prise en charge ;

- enfin, il y a évidemment une extrême urgence à faire cesser cette atteinte dès lors que sa sécurité ainsi que sa santé sont en cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, le président du conseil départemental du Val-d'Oise, représenté par Me Bazin, conclut au non-lieu à statuer et, à défaut, au rejet de la requête comme étant infondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 13 mai 2024 à 10h00.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- les observations de Me Colnard- Wujczak, représentant M. B, requérant, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant les écritures ;

- et les observations de Me Mercier, substituant Me Bazin, représentant le président du conseil départemental du Val-d'Oise, qui confirme ses écritures en précisant ces dernières.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 8 octobre 2007, a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du Val-d'Oise par une ordonnance du procureur de la République du 13 juillet 2022, puis en milieu éducatif ouvert, jusqu'au 31 mars 2023, auprès des services l'ASE du Val-d'Oise par le juge des enfants, ayant été suivi par les services de l'unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Courdimanche. Par un jugement du 7 mars 2023, le juge des enfants du C judiciaire de Pontoise a procédé à son placement au sein des services de l'ASE du Val-d'Oise, jusqu'au 31 janvier 2024, afin de l'éloigner de sa famille, et précisément au service d'accueil d'urgence (SAU) de l'établissement dénommé " La montagne vivra ", situé à Cormeilles en Parisis, puis, en raison des difficultés rencontrées, M. B a rejoint, le 14 avril 2023, le domicile de ses grands-parents, jusqu'au 18 avril 2023, date à laquelle un nouvel entretien était prévu avec l'intéressé pour envisager la suite de sa prise en charge auquel il n'a pas souhaité participer. Il a, par la suite, fugué pour rejoindre le domicile de ses grands-parents trois jours après le début de son séjour en centre éducatif renforcé (CER) auprès d'un cirque prévu pour une durée de trois mois. Par ailleurs, M. B a rejoint la Tunisie avec sa mère du 8 juin 2023 au 12 juillet 2023, sans l'accord des services de l'ASE du Val-d'Oise. Par un jugement du 4 octobre 2023, le juge des enfants du C judiciaire de Pontoise a procédé à la mainlevée du placement de M. B et ce dernier a bénéficié d'une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert demeurant sous l'autorité de l'UEMO, jusqu'au 31 janvier 2024. Il a toutefois été exclu définitivement de son établissement scolaire durant cette période. Par un jugement du 31 janvier 2024, le juge des enfants a procédé à la fin de la mesure éducatif en milieu ouvert prononcé à l'égard du requérant. Par une ordonnance du 26 mars 2024, le juge des enfants du C judiciaire de Pontoise a décidé de le confier provisoirement, et en urgence, auprès de l'ASE du Val-d'Oise, jusqu'au 9 avril 2024, et il a été accueilli à l'unité des adolescents de la maison départementale de l'enfance du Val-d'Oise. Par un jugement du 28 mars 2024, le juge des enfants a procédé à la levée de la mesure de placement de M. B auprès de l'ASE du Val-d'Oise. Par une ordonnance du 17 avril 2024, le requérant a été placé, en urgence et provisoirement, auprès des services de l'ASE du Val-d'Oise, dans l'attente de la tenue d'une audience, le 30 avril 2024. Les services de l'ASE du Val-d'Oise ont décidé de le loger dans une chambre d'un hôtel social. Le juge des enfants du C judiciaire de Pontoise a ordonné le maintien du placement de M. B auprès de l'ASE du Val-d'Oise, jusqu'au 30 octobre 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au président du conseil départemental du Val-d'Oise de prendre à sa charge son hébergement provisoire d'urgence, sans délai.

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

4. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

5. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au président du conseil départemental du Val-d'Oise d'exécuter la mesure qu'il sollicite, M. B fait valoir que sa sécurité et sa santé sont en cause dès lors qu'il a été placé dans un hôtel social dont les conditions d'accueil sont inadaptées à un adolescent de son âge et à ses besoins fondamentaux, ayant été victime de violences graves et souffrant de carences éducatives. Toutefois, en l'état de l'instruction, M. B, qui est hébergé provisoirement dans une chambre d'un hôtel social situé à Saint-Ouen-L'Aumône prise en charge par le départemental du Val-d'Oise dans l'attente de l'acceptation par celui-ci d'un projet de rupture avec son environnement tendant à l'éloigner provisoirement du territoire du Val-d'Oise, ne justifie pas d'une situation d'extrême urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Colnard-Wujczak et au président du conseil départemental du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 16 mai 2024

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions