jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406567 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 6 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine demande au tribunal d'annuler les articles 4 à 7 de la délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) a organisé le temps de travail des médiateurs municipaux et des policiers municipaux postés en brigade d'intervention et de leurs encadrants.
Il soutient que la délibération attaquée est entachée d'erreur de droit en tant que son article 4 méconnaît les dispositions de l'article 3 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 et que son article 5 méconnaît les dispositions de l'article 3 du décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, la commune de la Garenne-Colombes, représentée par Me Carrere, doit être regardée comme concluant au non-lieu à statuer et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la délibération attaquée a été abrogée par une délibération postérieure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- les observations de Mme A, cheffe du bureau du contrôle de la légalité et de l'intercommunalité de la préfecture des Hauts-de-Seine ;
- et les observations de Me Cadoux, représentant la commune de la Garenne-Colombes.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023, le conseil municipal de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) a défini l'organisation du temps de travail des médiateurs municipaux et des policiers municipaux postés en brigade d'intervention ainsi que de leurs encadrants. Par le présent déféré, le préfet des Hauts-de-Seine demande au tribunal d'annuler les articles 4 à 7 de cette délibération.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Le maire de la commune de la Garenne-Colombes demande au tribunal de constater que la délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023 a été abrogée par la délibération n° DE-270624-050 du 27 juin 2024 et de juger, en conséquence, que les conclusions présentées par le préfet des Hauts-de-Seine à l'encontre de la délibération du 21 décembre 2023 sont devenues sans objet. Toutefois, il ressort des termes mêmes de la délibération du 27 juin 2024 que celle-ci se borne à abroger, et non à retirer, la délibération du 21 décembre 2023 et que celle-ci avait reçu un commencement d'exécution puisqu'elle avait notamment été publiée sur le site internet de la commune le 26 décembre 2023. Par suite, contrairement à ce que soutient le maire de la commune de la Garenne-Colombes, la requête dirigée à l'encontre de la délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023 a conservé son objet. L'exception de non-lieu doit dès lors être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature, rendu applicable à la fonction publique territoriale par l'article 1 du décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " I.- L'organisation du travail doit respecter les garanties minimales ci-après définies. / La durée hebdomadaire du travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder ni quarante-huit heures au cours d'une même semaine () II.- Il ne peut être dérogé aux règles énoncées au I que dans les cas et conditions ci-après : a) Lorsque l'objet même du service public en cause l'exige en permanence, notamment pour la protection des personnes et des biens, par décret en Conseil d'Etat, pris après avis du comité social d'administration ministériel, le cas échéant de sa formation spécialisée, et du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat, qui détermine les contreparties accordées aux catégories d'agents concernés ; / b) Lorsque des circonstances exceptionnelles le justifient et pour une période limitée, par décision du chef de service qui en informe immédiatement les représentants du personnel au comité social d'administration compétent. "
5. L'article 4 de la délibération attaquée a prévu des cycles de travail de 50 heures hebdomadaires pour les policiers municipaux, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 qui les plafonnent à 48 heures, alors pourtant que le service public des policiers municipaux n'a pas fait l'objet d'un décret dérogatoire en Conseil d'Etat et qu'il n'est pas établi ni même allégué que les dispositions attaquées auraient été bornées dans le temps en raison de circonstances exceptionnelles. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine est fondé à soutenir que la délibération attaquée est de ce fait entachée d'une erreur de droit.
6. En second lieu, aux termes de l'article 3 du décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires : " La compensation des heures supplémentaires peut être réalisée, en tout ou partie, sous la forme d'un repos compensateur. Une même heure supplémentaire ne peut donner lieu à la fois à un repos compensateur et à une indemnisation au titre du présent décret. ".
7. L'article 5 de la délibération attaquée octroie automatiquement des repos compensateurs aux policiers municipaux, même en l'absence de réalisation d'heures supplémentaires, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 du décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine est fondé à soutenir que la délibération attaquée est à cet égard entachée d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que le préfet des Hauts-de-Seine est fondé à demander l'annulation des articles 4 et 5 de la délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023 du conseil municipal de la commune de la Garenne-Colombes.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune de la Garenne-Colombes demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les articles 4 et 5 de la délibération n° DE-211223-125 du 21 décembre 2023 du conseil municipal de la commune de la Garenne-Colombes sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête du préfet des Hauts-de-Seine est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de la Garenne-Colombes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet des Hauts-de-Seine et à la commune de la Garenne-Colombes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, et Mmes Gay-Heuzey et Lusinier, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe 17 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026