Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406795

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406795
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Classement sans suite d'une demande de naturalisation par le préfet du Val-d'Oise, faute pour le requérant d'avoir produit les pièces complémentaires demandées. Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête en excès de pouvoir comme manifestement infondée, en application de l'article R. 222-1, 7° du code de justice administrative. Le requérant n'a pas déféré à la mise en demeure prévue à l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, et son argument tiré de la méconnaissance des faits est insusceptible de venir au soutien de sa demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 mai 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 21 mars 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a classé sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française et d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande.

Il soutient qu'il n'avait pas connaissance des faits de 2017 pour lesquels la copie des suites judiciaires lui était demandée, et qu'il peut désormais fournir ces éléments.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ".

3. M. A a sollicité le bénéfice de la nationalité française. Il a été invité par le préfet du Val-d'Oise à produire divers documents nécessaires à l'instruction de sa demande le 15 décembre 2023. Par la décision attaquée du 21 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise l'a informé du classement sans suite de sa demande de naturalisation en l'absence de production des documents demandés.

4. Dès lors que M. A reconnaît ne pas avoir transmis les éléments demandés, mais se borne à soutenir qu'il n'avait pas connaissance des faits de 2017 pour lesquels la copie des suites judiciaires lui était demandée, l'argumentation du requérant doit être regardée comme n'étant assortie que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien. La circonstance que les suites judiciaires ne font apparaître aucune infraction n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de la décision du 21 mars 2024.

5. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation, comme celles tendant au réexamen de sa demande, doivent être rejetées en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que M. A saisisse à nouveau le préfet du Val-d'Oise d'une nouvelle demande de naturalisation en produisant devant cette autorité toutes les pièces nécessaires à l'instruction de sa demande.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 18 juillet 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

signé

C. Bories

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision