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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2406849

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406849

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406849
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNGAI CLÉMENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, Mme B A demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de poursuivre l'instruction de son dossier de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer tout justificatif, notamment le récépissé, qui lui permettra d'exercer sereinement son emploi et subvenir aux besoins vitaux de sa famille, notamment se nourrir, se vêtir et se loger, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle est mère d'une fille âgée de 11 ans, de nationalité française, complètement à sa charge, son époux est entré sur le territoire français par regroupement familial, le 28 octobre 2023, et ne peut obtenir un titre de séjour et travailler dans la mesure où l'évolution de sa situation est intimement liée à la mienne ; que son bailleur lui a remis un préavis et la procédure d'expulsion est en cours d'exécution aux motifs qu'ils sont en situation irrégulière et dans l'incapacité de payer les loyers dus ; que les conditions de l'article L 521-2 du code de justice administrative sont incontestablement réunies, dans la mesure où, le comportement de l'administration porte gravement atteinte, à son droit de travailler et d'avoir une vie familiale décente ; que cette atteinte à sa vie privée et familiale est absolument illégale et il y a urgence à mettre fin à cette situation qui la plonge, ainsi que sa famille, dans la pauvreté et la précarité en leur ôtant les moyens de subsistance et les poussant dans la rue.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- l'ordonnance n°2312067 du 27 septembre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 21 mai 2024 à

9h00 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations de Me Ngai, représentant Mme A, requérante.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, l'article L. 521-2 du code de justice administrative dispose que : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code précité : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal () ".

2. Il appartient au requérant, qui saisit le juge des référés non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Si, pour justifier l'urgence de sa situation, Mme A se prévaut de la circonstance qu'elle est la mère d'une fille âgée de 11 ans, de nationalité française, complètement à sa charge, que son époux est entré sur le territoire français par regroupement familial, le 28 octobre 2023, et ne peut obtenir un titre de séjour et travailler dans la mesure où l'évolution de sa situation est intimement liée à la sienne, que son bailleur lui a remis un préavis et la procédure d'expulsion est en cours d'exécution aux motifs qu'ils sont en situation irrégulière et dans l'incapacité de payer les loyers dus, que les conditions de l'article L 521-2 du code de justice administrative sont incontestablement réunies, dans la mesure où le comportement de l'administration porte gravement atteinte à son droit de travailler et d'avoir une vie familiale décente et que cette atteinte à sa vie privée et familiale est absolument illégale et il y a urgence à y mettre fin, cette situation la plongeant, ainsi que sa famille, dans la pauvreté et la précarité en leur ôtant les moyens de subsistance et les poussant dans la rue, toutefois, pour regrettable et préoccupante que soit cette situation, il résulte, en l'état de l'instruction, que l'arrêt de travail de la requérante a été prolongé du 18 mai 2024 au 8 juin 2024, et qu'elle ne justifie pas, dans ces conditions, d'une situation d'urgence particulière nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de seulement quarante-huit heures. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales, il y a lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 21 mai 2024.

Le juge des référés

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406849

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