Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407094
jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407094 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2024, Mme A représentée par
Me Khris-Fertikh demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer dans un délai de quinze jours une convocation afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour puis d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est confronté à l'impossibilité de demander un titre de séjour et se retrouve ainsi placée dans une situation irrégulière. En outre son contrat de travail a été rompu en septembre 2023 compte tenu de sa situation administrative irrégulière ;
- la demande est utile dès lors qu'en raison d'un problème informatique, il lui est impossible de faire enregistrer une demande de titre de séjour ;
- la demande ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la demande de l'intéressée a été clôturée le 16 novembre 2023 dès lors que celle-ci n'a pas fait suite à la demande de pièces complémentaires et que par suite la demande ne présente ni un caractère urgent, ni une quelconque utilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gabarda, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Pour justifier de l'urgence à prononcer la mesure d'injonction sollicitée, Mme A se borne à produire plusieurs attestations de dépôt de la demande de renouvellement de son titre de séjour du site démarches simplifiées en date du 22 mars 2023, du 13 juin 2023 et du 14 juin 2023 attestant que sa demande a été enregistrée. En outre, il ressort des pièces produites en défense par le préfet des Hauts-de-Seine et non contestées en réplique que la demande de titre de séjour présentée par Mme A a été clôturée le 16 novembre 2023 au motif que celle-ci n'avait pas produit les pièces demandées dans les délais prescrits. Dans ces conditions il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait été dans l'impossibilité de procéder en ligne aux formalités préalables au dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ni que la demande d'injonction sollicitée présente un caractère urgent et utile.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 juillet 2024.
Le juge des référés
Signé
O. Gabarda
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.