Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407108

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407108
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise fait droit à la demande d’expertise présentée par le syndicat intercommunal pour la collecte et le traitement des eaux usées des bassins de la Thève et de l’Ysieux (Sicteub) sur le fondement de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Le juge des référés a considéré que cette mesure présentait un caractère utile pour constater l’état des immeubles susceptibles d’être affectés par la deuxième tranche de travaux de construction d’un collecteur d’eau usée à Marly-la-Ville. Un expert a été désigné avec pour mission de dresser un état descriptif des propriétés voisines avant et après les travaux, de recenser les éventuels désordres, d’en déterminer les causes et d’évaluer les mesures nécessaires à la remise en état.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2024 sous le n° 2407108, le syndicat intercommunal pour la collecte et le traitement des eaux usées des bassins de la Thève et de l'Ysieux (Sicteub) demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, afin d'apprécier l'état actuel et à venir des immeubles et ouvrages susceptibles d'être affectés par la deuxième tranche de travaux de construction d'un nouveau collecteur d'eau usée sur la commune de Marly-la-Ville (95670).

Elle soutient que :

- des travaux d'extension du réseau d'assainissement, de suppression d'un poste de refoulement et de raccordement sur un linéaire de 400 m² sont prévus à partir du mois de juillet pour une réception impérative au mois de septembre 2024 ;

- l'expertise contradictoire demandée présente un caractère utile en raison de l'ampleur et de l'importance des travaux à venir qui sont susceptible d'affecter les propriétés avoisinantes.

Vu les autres pièces du dossier

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Le président de la juridiction ou, au Conseil d'État, le président de la section du contentieux fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12. ".

2. L'expertise demandée par le syndicat intercommunal pour la collecte et le traitement des eaux usées des bassins de la Thève et de l'Ysieux (Sicteub) présente un caractère utile, et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. G B, exerçant 3 rue du Ratrait à Suresnes (92150), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

- se rendre sur le site de l'opération de travaux publics concernée, dont la requérante a indiqué la localisation parcelles cadastrées section AA 81, 83, 203, 205, 206, 212, 278, 279, 284, situées à Marly-la-Ville (95670) ;

- se faire communiquer tous documents ou pièce qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission et entendre toute personne intéressée par les éventuels dommages ;

- dresser un état descriptif des immeubles, voies et trottoirs, réseaux, ouvrages publics ou autres éléments de construction appartenant aux voisins du site de l'opération de travaux publics concernée avant et après travaux ;

- dire s'il existe des désordres avant et pendant les travaux, et, dans l'affirmative, les recenser, les décrire et en préciser si, à son avis, ils présentent des dégradations inhérentes à leurs fondations, à la nature du sous-sol, à leur structure ou à leur état de vétusté ;

- indiquer les travaux confortatifs ou de réfection nécessaires au maintien ou à la remise des bâtiments dans leur état antérieur ;

- en cas d'aggravation des désordres constatés ou d'apparition de nouveaux désordres pendant les travaux en préciser la cause et dire s'ils peuvent résulter des travaux objet de la présente expertise ;

- déterminer les travaux propres à remédier aux désordres constatés en évaluant leurs coûts et durée ;

- fournir, le cas échéant, tous renseignements et avis sur toute difficulté consécutive à l'existence de servitude, d'emprise, de mitoyenneté, ou encore sur les éventuels troubles de jouissance et de voisinage, actuels et prévisibles, qui seraient causés par les travaux induits par l'opération de travaux publics concernée ;

- dire, en cas de danger réel et d'urgence constatée, si, à son avis, il convient de mettre en place des mesures de sauvegarde pour éviter l'aggravation des désordres et permettre le déroulement et la poursuite des travaux dans les meilleures conditions techniques possibles ; et dans cette hypothèse, donner son avis sur les mesures que le Maître d'œuvre sera amené à définir pour remédier au danger ;

- d'une façon générale, recueillir tous éléments techniques et de fait et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis en cas de saisine au fond de la juridiction.

L'expert pourra entendre tous sachants.

Article 2 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence notamment de M. et Mme F, de la société Bouygues Immobilier, de M. et Mme A / D, de la commune de Marly la Ville, de M. et Mme C / E, de la société Enédis Dridfo Bex 2c, de la société Grdf Île-de-France Ouest 2 Couronne, de la société Orange W4 Ui Idf Ouest, de la société Sfr Sa, de la société Sfr - Xp Fibre, de la société Sfr Fibre Sas, de la société véolia Eau d'Île-de-France, de la société Test Ingenierie.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat intercommunal pour la collecte et le traitement des eaux usées des bassins de la Thève et de l'Ysieux (Sicteub), à la société Enédis Dridfo Bex 2c, à la société Grdf Île-de-France Ouest 2 Couronne, à la société Orange W4 Ui Idf Ouest, à la société Sfr Sa, à la société Sfr - Xp Fibre, à la société Sfr Fibre Sas, à la société véolia Eau d'Île-de-France, à la société Test Ingenierie et à M. B, expert.

Article 4 : En application de l'article R. 532-1-1 et par dérogation à l'article R. 751-3, il appartient au syndicat intercommunal pour la collecte et le traitement des eaux usées des bassins de la Thève et de l'Ysieux (Sicteub) de notifier cette ordonnance aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages.

Fait à Cergy-Pontoise, le 12 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. BEAUFAŸS

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.