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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2407231

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407231

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMOREAU BECHLIVANOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2406301 du 17 mai 2024, enregistrée au greffe du tribunal administratif le 22 mai 2024, la présidente du tribunal administratif de Montreuil a transmis, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. B A, enregistrée le 14 mai 2024.

Par cette requête, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu notification de la décision de rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA ;

- il ne souhaite pas retourner dans son pays d'origine en raison de conflits politiques.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. M. B A, ressortissant bangladais né le 20 février 1992, serait entré irrégulièrement sur le territoire français au cours de l'année 2020, selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) par décision du 3 février 2021, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 août 2021. Il se maintient depuis en situation irrégulière sur le territoire français. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 mai 2024 pris par le préfet de la Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination.

2. En premier lieu, si M. A soutient qu'il n'a pas reçu notification du refus par l'OFPRA de sa demande d'asile et n'a pu présenter un recours contre cette décision, il ressort au contraire des pièces du dossier que l'intéressé a présenté un recours devant la CNDA contre cette décision, recours qui a fait l'objet d'une décision de rejet du 23 août 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

4. Si M. A soutient qu'il serait en danger en cas de retour dans son pays d'origine en raison d'un conflit politique, il n'apporte aucun élément précis et circonstancié permettant d'établir qu'il serait personnellement exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, la demande d'asile présentée par l'intéressé a été rejetée par l'OFPRA par décision du 3 février 2021, rejet confirmé par la CNDA le 23 août 2021. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

S. Ouillon

La greffière

Signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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