jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PARASTATIS |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2210395 du 8 décembre 2022, le tribunal a, d'une part, annulé l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, ensemble la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement rejeté son recours hiérarchique dirigé contre cet arrêté, et, d'autre part, enjoint au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois, avant de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier, enregistré le 17 février 2023, Mme B demande au tribunal d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'exécuter le jugement n° 2210395 du 8 décembre 2022.
Par ordonnance du 23 mai 2024, le président du tribunal, prenant acte de ce que les diligences accomplies auprès du préfet du Val-d'Oise n'avaient pas abouti, a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2210395 du 8 décembre 2022.
Par des mémoires, enregistrés le 12 juin 2024 et le 3 septembre 2024, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de deux ans, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du présent jugement, et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé mentionnant " Bota-Limbe " comme lieu de naissance, sous astreinte de 3 500 euros par jour de retard ;
2°) de condamner le préfet du Val-d'Oise à publier le jugement à intervenir dans la presse écrite nationale, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 3 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 3 500 euros par jour de retard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère,
- et les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'exécution :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution (). Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Selon l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte () et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ".
2. Par un jugement n° 2210395 du 8 décembre 2022, le tribunal a, d'une part, annulé l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, ensemble la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement rejeté son recours hiérarchique dirigé contre cet arrêté, et, d'autre part, enjoint au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois, avant de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
3. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du formulaire Chorus produit, que le préfet du Val-d'Oise a versé la somme de 1 500 euros, assortie de 10,41 euros au titre des intérêts moratoires, à Mme B le 9 février 2023 en exécution du jugement n° 2210395 précité. Par suite, la demande d'injonction formée par Mme B à cet égard est sans objet.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation de remise produite, que le préfet du Val-d'Oise a délivré à Mme B, le 9 janvier 2024, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 21 juillet 2023 au 20 juillet 2024, en exécution du jugement n° 2210395 précité. Toutefois, ce titre de séjour est entaché d'une erreur matérielle en tant qu'il mentionne " Bali " comme lieu de naissance, et non " Bota-Limbe ". Ainsi, il n'apparaît pas qu'à la date du présent jugement, le préfet du Val-d'Oise aurait pris les mesures propres à assurer l'exécution pleine et entière du jugement n° 2210395 du 8 décembre 2022. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de délivrer un titre de séjour, pour la même période, purgé de l'erreur précité, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la demande d'injonction de publication dans la presse sollicitée par Mme B.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui n'établit pas avoir exposé des frais dans le cadre de la présente procédure. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par le préfet du Val-d'Oise soient mises à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", mentionnant " BOTA-LIMBE " comme lieu de naissance, pour la période du 21 juillet 2023 au 20 juillet 2024, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 2 : Les conclusions de Mme B sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Les conclusions du préfet du Val-d'Oise présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Gay-Heuzey, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026