mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GERBE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 mai 2024 et 3 juin 2024 sous le numéro 2407347, Mme B D, représentée par Me Gerbe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités néerlandaises responsables de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et produit les pièces utiles au dossier.
II. Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 mai 2024 et 3 juin 2024 sous le numéro 2407350, M. C D, représenté par Me Gerbe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités néerlandaises, responsables de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et produit les pièces utiles au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robert pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 :
- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Gerbe, représentant M. et Mme D, assistés de M. A, interprète en langue turque, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir, en outre, que les arrêtés attaqués méconnaissent les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que l'entretien individuel n'a pas été mené par une personne qualifiée, ainsi que les dispositions de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D et M. C D, ressortissants turcs nés respectivement les 1er janvier 2005 et 20 février 1995, ont déposé chacun une demande d'asile en France le 23 février 2024. La consultation du fichier " visabio " a relevé que M. et Mme D étaient en possession de visas délivrés par les autorités néerlandaises valables jusqu'au 11 février 2024. Saisies le 26 février 2024, sur le fondement de l'article 12 paragraphe 2 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013, les autorités néerlandaises ont donné leur accord le 22 avril 2024 à la demande de prise en charge des requérants. Par deux arrêtés en date du 15 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise a décidé de transférer les époux D aux autorités néerlandaises responsables de leurs demandes d'asile. Par les présentes requêtes, M. et Mme D demandent au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2407347 et n°2407350 sont présentées par des époux, présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, en conséquence de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 susvisé : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
4. S'il ne résulte ni des dispositions précitées ni d'aucun principe que devrait figurer sur le compte-rendu de l'entretien individuel la mention de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien, il appartient à l'autorité administrative, en cas de contestation sur ce point, d'établir par tous moyens que l'entretien a bien, en application des dispositions précitées de l'article 5.5 du règlement du 26 juin 2013, été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national (Conseil d'Etat, 19 janv. 2024, n°472681).
5. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D ont tous deux bénéficié d'entretiens individuels réalisés à la préfecture du Val-d'Oise le 23 février 2024. Toutefois, en l'absence de toute indication sur les comptes rendus permettant d'identifier l'agent ayant conduit les entretiens et le préfet du Val-d'Oise n'apportant aucun élément de nature à établir sa qualité, les entretiens ne peuvent être regardés comme ayant été menés par une personne qualifiée en vertu du droit national au sens de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013. Sur ce point, les circonstances que les comptes rendus de cet entretien mentionne que celui-ci a été " conduit par un agent qualifié de la préfecture du Val-d'Oise " et fasse figurer les initiales de l'agent sont insuffisantes. En outre, si le préfet produit, dans le dossier de M. D, un tableau indiquant les initiales et matricules des agents affectés au sein de son service en charge des demandes d'asile, ce tableau est, d'une part, produit sur une page blanche non signée, non datée, dépourvue de toute entête et, d'autre part, ne précise pas quels agents sont qualifiés en vertu du droit national. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. et Mme D sont fondés à demander l'annulation des arrêtés du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé de leurs transferts aux autorités néerlandaises.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui annule les arrêtés du 15 mai 2024 du préfet du Val-d'Oise portant transfert des époux aux autorités néerlandaises, eu égard au motif qui fonde cette annulation, implique uniquement mais nécessairement, que l'administration procède au réexamen de la situation de M. et Mme D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 15 mai 2024 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de procéder au réexamen de la situation administrative de M. et Mme D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. et Mme D est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme B D et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
D. Robert Le greffier,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 2407350
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026