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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2407733

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407733

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407733
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACHACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2413619/6-3 du 30 mai 2024, le magistrat délégué du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de Mme B A, enregistrée le 28 mai 2024, au tribunal administratif de Cergy-Pontoise

Par cette requête, Mme A, représentée par Me Achache, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de résident de dix ans et une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la délivrance d'un titre ; subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer un récépissé pendant ce réexamen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 31 mars 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a présenté une demande de titre de séjour le 4 mai 2023 par courrier recommandé avec accusé réception. Par la présente requête, elle demande au tribunal

d'annuler la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine aurait implicitement rejeté sa demande.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / () ".

3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. / Les personnes qui ne sont pas en mesure d'effectuer elles-mêmes le dépôt en ligne de leur demande bénéficient d'un accueil et d'un accompagnement leur permettant d'accomplir cette formalité. / En outre, une solution de substitution, prenant la forme d'un accueil physique permettant l'enregistrement de la demande, est mise en place pour l'étranger qui, ayant accompli toutes les diligences qui lui incombent, notamment en ayant fait appel au dispositif d'accueil et d'accompagnement prévu à l'alinéa précédent, se trouve dans l'impossibilité constatée d'utiliser le téléservice pour des raisons tenant à la conception ou au mode de fonctionnement de celui-ci. / Le ministre chargé de l'immigration fixe par arrêté les modalités de l'accueil et de l'accompagnement mentionnés au deuxième alinéa ainsi que les conditions de recours et modalités de mise en œuvre de la solution de substitution prévue au troisième alinéa. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 31 mars 2023 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : / 1° A compter du 5 avril 2023, les demandes de cartes de séjour temporaires, de cartes de séjour pluriannuelles, de cartes de résident et de certificats de résidence algériens délivrés en application des articles L. 411-1, L. 411-4, L. 423-1, L. 423-2, L. 423-6 du même code () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. () ". Enfin, il des dispositions de l'article R. 432-2 du même code que le silence gardé par l'autorité administrative pendant quatre mois sur une demande de titre de séjour vaut, sauf exception, décision implicite de rejet.

4. Il résulte de l'arrêté ministériel du 31 mars 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice qu'une carte de résident demandée sur le fondement de l'article L. 423-6 du même code est au nombre des titres pour lesquels les demandes correspondantes doivent être présentées au moyen d'un téléservice. Il n'est ni allégué, ni établi que Mme A aurait été dans l'impossibilité de présenter sa demande de titre de séjour par le biais d'un téléservice. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine ne peut être regardé comme ayant été régulièrement saisi de la demande de titre de séjour présentée par Mme A, adressée par voie postale le 4 mai 2023 et reçue par les services de la préfecture le 8 mai suivant. Cette demande n'a donc pas pu faire courir le délai prévu à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pu donner lieu à une décision implicite de rejet. Par suite, en raison de l'inexistence d'une telle décision, les conclusions tendant à son annulation ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées à fin d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 30 juillet 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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