Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407813

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407813
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait au juge d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. A avait contribué à sa propre situation d'urgence en effectuant ses démarches après l'expiration de son titre, et n'a pas démontré de circonstances particulières justifiant une mesure à très bref délai. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 et 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me Lassoued, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous, dans un délai de

15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de titre de séjour ; en outre, sa situation est précaire, à plus forte raison dans la mesure où il exerce des fonctions dans la zone qui fera l'objet de contrôles supplémentaires au cours des Jeux olympiques 2024 ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- la mesure sollicitée n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucune demande n'a été enregistrée concernant le requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Bories, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, né le 7 juin 1997, a sollicité de la préfecture du Val-d'Oise le renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Pour justifier de l'urgence, M. A fait valoir qu'il demeure en situation irrégulière et que sa situation est d'autant plus précaire, qu'il exerce des fonctions dans une zone qui fera l'objet de contrôles supplémentaires au cours des Jeux Olympiques 2024. Toutefois, il résulte de l'instruction que si le requérant se prévaut de dysfonctionnements intervenus sur la plateforme de l'ANEF et verse une capture d'écran du site, un courrier de son conseil du 22 mai 2024 et des échanges de courriels avec l'administration en ce sens, les démarches afin de renouveler son titre de séjour ont été effectuées après l'expiration de ce dernier, ce qui ressort de la capture d'écran versée, de sorte qu'il a lui-même contribué à la situation d'urgence dont il entend se prévaloir. Par ailleurs, la préfecture indique, dans son mémoire en défense, qu'aucune demande n'a été enregistrée concernant M. A. Ainsi, il ne démontre aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir la mesure sollicitée, à très bref délai. Par suite, les conditions posées à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée soit urgente et ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ne peuvent être regardées comme remplies.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 25 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

A. Bories

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.