Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407827
jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407827 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2024, M. B C, représenté par
Me Hervet, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un numéro étranger afin qu'il puisse déposer une demande d'admission au séjour, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors que dépourvu de la possibilité de déposer une demande de titre de séjour, il se trouve en situation irrégulière et d'insécurité juridique ayant des conséquences sur sa situation privée, familiale et professionnelle ; en outre, il est exposé au risque de faire l'objet d'un contrôle d'identité ou d'une mesure d'éloignement
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a le droit à l'examen de sa situation par l'autorité préfectorale et qu'il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; en outre, il a le droit à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en sa qualité de conjoint d'une personne reconnue réfugiée ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur cette requête en raison du fait que la préfecture n'impose pas la délivrance d'un numéro étranger avant le dépôt d'une demande de titre de séjour sur le site internet de l'ANEF.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Bories, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant marocain, né le 24 juin 1995, est entré en France en janvier 2019. Le 2 septembre 2023, il a épousé Mme A, ayant obtenu la reconnaissance du statut de réfugiée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du
17 septembre 2020. M. C a tenté de déposer une demande de titre de séjour en sa qualité de conjoint de réfugié, sans y parvenir en raison de l'absence de numéro étranger. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un numéro étranger afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient
que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Le préfet du Val-d'Oise fait valoir, sans être contredit, que la préfecture n'impose pas la délivrance d'un numéro étranger avant le dépôt d'une demande de titre de séjour sur le site internet de l'ANEF et qu'il existe une rubrique intitulée " Je demande un premier titre - sans numéro étranger, sans visa " permettant ainsi au requérant de déposer sa demande. En outre,
M. C ne justifie pas avoir été dans l'impossibilité d'effectuer sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, la requête de M. C doit être regardée comme étant devenue sans objet.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet est fondé à faire valoir qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. C, ni de faire droit à ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. C.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. Bories
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.