Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407864
lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, M. B A, représenté par Me Bouteaud, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite portant refus de délivrance de titre de séjour prise par le préfet des Hauts-de-Seine ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il est placé en situation irrégulière sur le territoire français portant atteinte à sa situation personnelle et professionnelle ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Le préfet des Hauts-de-Seine a communiqué une pièce complémentaire, enregistrée le
10 juin 2024, informant le tribunal que le requérant est titulaire d'une carte de résident valable du 5 septembre 2021 au 4 septembre 2031.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2407980, enregistrée le 29 mai 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 17 juin 2024 à
9 heures 30.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant chinois né le 18 septembre 1968 à Beijing, est entré en France en 1991, selon ses déclarations. Il a été mis en possession d'une carte de résident valable du 5 septembre 2011 au 4 septembre 2031. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et a bénéficié de plusieurs récépissés dont le dernier est valable jusqu'au 16 août 2024. Etant resté sans nouvelle de sa demande, M. A a adressé une demande de communication quant à l'état d'avancement de sa demande par un courrier en date du 10 mars 2022. L'administration n'a pas répondu à cette demande, faisant naitre une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, le requérant indique qu'il est un ressortissant chinois qui est établi en France depuis trente ans, qu'il a construit sa vie, fondé sa famille et s'est marié avec une personne titulaire d'un titre de séjour, et que le couple a eu une fille âgée de quatorze ans, qu'il était titulaire, jusqu'en 2021, d'une carte de résident d'une durée de dix ans, que la préfecture ne s'est pas encore prononcée sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui a fourni depuis trois ans des récépissés lui permettant de résider sur le territoire français avec sa famille et de travailler, en précisant qu'il a bénéficié de douze récépissés, que cette situation est très inconfortable et le fait vivre dans un climat de peur permanente quant à son avenir en France, pays dans lequel elle vit depuis plus de trente ans de manière régulière et stable. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A est titulaire d'une carte de résident valable du 5 septembre 2021 au 4 septembre 2031 et qu'il a bénéficié de plusieurs récépissés dont le dernier est valable jusqu'au 16 août 2024. Dans ces conditions, l'existence d'un préjudice grave et immédiat qui résulterait de l'exécution de la décision attaquée nécessitant qu'il soit prononcé, à bref délai, une mesure provisoire de suspension, n'est pas établie.
5. Par suite, les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de la décision contestée doivent être rejetées en l'absence d'urgence, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, au regard des moyens invoqués, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, et, enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 8 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.