Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407954
jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juin 2024 et le 9 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Toujas, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer le titre de séjour le concernant qui est disponible au bureau des étrangers de la préfecture depuis le 13 octobre 2023, dans un délai de quinze jours suivant la notification et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente, dès lors qu'il est porté atteinte à son droit d'aller et venir ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il s'est déplacé à la préfecture pour deux rendez-vous afin de récupérer un titre de séjour disponible depuis plus de sept mois et qu'il ne lui a pas été remis ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Le préfet du Val-d'Oise, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- le jugement n° 1601628 du 19 mai 2016 de la 4ème chambre du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui annule l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 19 janvier 2016 refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A B, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 9 juillet 2024 à 9h30.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant sénégalais né le 10 janvier 1968 à Mbaniou, a été mis en possession d'un titre de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", valable du 13 août 2020 au 12 août 2024. Le 24 septembre 2023, il a déposé une demande de duplicata de titre de séjour. Le 13 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise a notifié à M. B que son titre de séjour était prêt. Toutefois, il s'est présenté deux fois à la préfecture et aucun titre ne lui a été délivré. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui remettre le titre de séjour le concernant qui est disponible au bureau des étrangers de la préfecture depuis le 13 octobre 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
5. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très bref délai, de la mesure d'injonction qu'il demande, M. B fait valoir que l'absence de délivrance de son titre de séjour, qui est fabriqué et disponible depuis le 13 octobre 2023, présente un caractère urgent dès lors que privé de son titre, il ne peut pas voyager pour rendre visite à sa famille au Sénégal ce qui constitue une atteinte à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, en l'état de l'instruction, de telles circonstances, et pour regrettable que soit cette situation, n'impliquent pas que soit accordé à M. B l'injonction demandée, à très bref délai, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.