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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2407971

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407971

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407971
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGULER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n° 2309051 du 9 novembre 2023, la présidente du tribunal administratif de Versailles a, sur le fondement de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. C A D, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 6 novembre 2023.

Par cette requête ainsi que par deux mémoires complémentaires, enregistrés les 7 novembre 2023 et 13 juin 2024, M. A D, représenté par Me Guler, avocat désigné d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait son droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnait l'article L 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 2.3.3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Robert comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 :

- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;

- les observations de Me Guler, avocate commise d'office, représentant M. A D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A D, ressortissant tunisien né le 19 juin 2004, déclare être entré sur le territoire français en 2019. Le 12 octobre 2022, l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Le 3 novembre 2023, l'intéressé a été interpellé pour des faits de tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, refus d'obtempérer aggravé, rébellion, défaut de permis de conduire, conduite sous ivresse et sous l'emprise de produits stupéfiants. Par un arrêté du 4 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, M. A D demande l'annulation de cet arrêté.

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. L'arrêté attaqué a été signé par M. B E, sous-préfet d'Argenteuil, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet, consentie par un arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 20 septembre 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Val-d'Oise du même jour. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait et doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé et le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de l'arrêté contesté doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation administrative de M. A D. Ce moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Il résulte toutefois également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il implique ainsi que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, à la suite de son interpellation le 3 novembre 2023, M. A D a été auditionné par les services de police le même jour, et a ainsi été mis en mesure de faire valoir tous les éléments relatifs à sa situation personnelle. En outre, il ne ressort nullement des pièces du dossier que le requérant aurait été aurait été empêché de porter à la connaissance du préfet toute information qu'il aurait estimé utile et susceptible d'avoir une incidence sur l'édiction de la mesure attaquée. Dès lors, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été adoptée en méconnaissance du droit d'être entendu. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.() ". Aux termes du point 2.3.3 du protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne signé le 28 avril 2008 " le titre de séjour portant la mention " salarié ", prévu par le premier alinéa de l'article 3 de l'accord du 17 mars 1988 modifié est délivré à un ressortissant tunisien en vue de l'exercice, sur l'ensemble du territoire français, de l'un des métiers énumérés sur la liste figurant à l'Annexe I du présent protocole, sur présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente sans que soit prise en compte la situation de l'emploi () ".

8. L'arrêté attaqué n'a ni pour objet, ni pour effet, de refuser une demande de titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées doivent être écartés comme inopérants.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. M. A D soutient qu'il est arrivé en France en 2019, qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité, qu'il vit désormais chez son oncle et sa tante, qu'il travaille en tant qu'électricien en apprentissage et que sa présence en France ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, si le requérant justifie avoir suivi une formation professionnelle au cours des années scolaires 2021-2022 et 2022-2023, il ne justifie d'aucune activité depuis le 31 août 2023, date de la fin de son contrat d'apprentissage. En outre, l'intéressé qui est célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas avoir noué des liens d'une particulière intensité pendant la faible durée de séjour en France dont il se prévaut. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une particulière insertion à la société française. Sur ce point, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'extraite du fichier automatisé des empreintes digitales, que M. A D a fait l'objet de 13 signalements depuis 2020 pour des faits notamment de refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, mise en danger d'autrui avec risque immédiat de mort ou d'infirmité par violation manifestement délibérée d'obligation réglementaire de sécurité ou de prudence lors de la conduite d'un véhicule terrestre à moteur, conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, recel de bien provenant d'un vol, détention non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants. Enfin, le requérant n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents. Dans ces conditions, M. A D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen dirigé contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et doit être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

14. L'intéressé soutient que le risque de fuite ne serait pas caractérisé dès lors qu'il présente des garanties de représentation suffisantes. Toutefois, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, pour lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet s'est aussi fondé sur les circonstances, d'une part, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement qui lui a été notifiée le 13 octobre 2022 et, d'autre part, qu'il avait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la présente obligation de quitter le territoire français, ce qui est établit au regard du procès-verbal d'audition produit en défense. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen dirigé contre la décision fixant le pays de renvoi, par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et doit être écarté.

17. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'étant pas illégales, le moyen dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et doit être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

20. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

21. Il appartenait au préfet du Val-d'Oise, qui n'a accordé aucun délai de départ volontaire à M. A D, d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d'une interdiction de retour sur le territoire français dont la durée ne peut excéder cinq ans. En l'espèce, si le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis quatre ans et qu'il y a été scolarisé, ces éléments ne sauraient constituer des circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le requérant ne démontre pas l'intensité de ses liens avec la France et ne justifie d'aucune intégration au sein de la société française. Dans ces conditions, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, qui limite à un an l'interdiction de retour sur le territoire français, serait disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A D tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 4 novembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 juin 2024

Le magistrat désigné,

signé

D. Robert Le greffier,

signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24079712

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