Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407989

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407989
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme A de deux requêtes en excès de pouvoir dirigées contre un refus de carte de résident et un refus implicite de retirer une obligation de quitter le territoire français. En cours d'instance, le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à l'intéressée une carte de résident valable dix ans. Le tribunal a constaté que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction étaient devenues sans objet, prononçant un non-lieu à statuer sur ces points. Il a également rejeté les demandes d'aide juridictionnelle provisoire et de frais irrépétibles, en application des articles R. 222-1 du code de justice administrative et L. 761-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, sous le n° 2407985, Mme B A, représentée par Me Pere, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 22 mai 2024 du préfet des Hauts-de-Seine portant refus de délivrance d'une carte de résident ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

II°) Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, sous le n° 2407989, Mme B A, représentée par Me Pere, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de retirer l'arrêté du 8 décembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense du 24 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, en faisant valoir qu'il a fait droit à la demande de carte de résident de la requérante.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes de Mme A présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. En premier lieu, dans les circonstances de l'espèce, en l'absence d'urgence, il n'y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, l'intéressée n'établissant d'ailleurs pas avoir formé une demande auprès du bureau d'aide juridictionnelle.

4. En deuxième lieu, il n'est pas contesté que, postérieurement à l'introduction des présentes requêtes, le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à Mme A une carte de résident, valable du 29 mai 2024 au 28 mai 2034. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme A sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

5. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil ou à son profit, la somme que demande l'intéressée sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 27 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2407985-2407989