Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407992

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407992
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUDJELLAL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A et Mme E, qui demandaient l'annulation du refus implicite de délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur. Le tribunal a constaté que la décision implicite de rejet était née le 5 mai 2022, mais que la requête n'avait été enregistrée que le 29 mai 2024, soit au-delà du délai raisonnable d'un an, conformément au principe de sécurité juridique rappelé par la jurisprudence Czabaj. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'inviter les requérants à la régulariser.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, M C A et Mme D E, représentés par Me Boudjellal, et agissant pour le compte de leur enfant B A, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de refus de délivrance d'un document de circulation d'un étranger mineur pris par le préfet des Hauts-de-Seine le 15 juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestées indéfiniment les décisions administratives. En règle générale et sauf circonstance particulière dont se prévaudrait le requérant, un délai excédant un an ne peut être regardé comme raisonnable, ainsi que le prévoit la jurisprudence du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016, Czabaj, n° 387763.

3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont déposé une demande de délivrance d'un document de circulation d'un étranger mineur auprès du ministère de l'intérieur le 5 mars 2022, une décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par l'administration étant née le 5 mai 2022. Par suite, la requête de M. A et Mme E, qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 29 mai 2024, soit après l'expiration du délai raisonnable d'un an est tardive, et par conséquent entachée d'une irrecevabilité manifeste. La requête doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A et Mme E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Mme D E.

Fait à Cergy, le 24 septembre 2024.

Le président,

Signé

J-P. Dussuet

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.