Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408040
lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 et 18 juin 2024, Mme B, représentée par Me Moulai, avocate, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un rendez-vous en vue de déposer son dossier de demande de titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ou de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle a présenté sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " dans les délais, qu'elle n'a pas eu connaissance de la demande de pièces complémentaires ayant entrainé la clôture de son dossier, le 15 octobre 2022, qu'elle tente en vain d'obtenir un rendez-vous en vue de la délivrance de ce titre de séjour et ainsi, poursuivre ses études, pouvoir se soigner et travailler ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Val-d'Oise fait valoir qu'il appartenait à la requérante de présenter sa demande sur le site de l'ANEF et de solliciter, en cas de difficultés pour déposer sa demande, le point d'accès numérique de la préfecture.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 24 octobre 2003, est entrée en France le 5 septembre 2022 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". La requérante a déposé, le 8 septembre 2022, au moyen du téléservice " Administration numérique pour les étrangers en France " (ANEF), une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Son dossier ayant été clôturé le 30 octobre 2022 en l'absence de réponse à une demande de pièces complémentaires, Mme B indique avoir demandé, en vain, par courriels et par courrier, au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin qu'elle puisse déposer son dossier de demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Il est constant que la demande formée par Mme B de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " a été clôturée le 30 octobre 2022, faute d'avoir répondu à une demande de pièces. Si la requérante fait valoir qu'ayant perdu son portable, elle n'a pu prendre connaissance de cette demande de pièces, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ait fait appel à la solution de substitution prévue à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elle ait formée une nouvelle demande de titre de séjour, ainsi qu'elle a été invitée à le faire par les services de la préfecture du Val-d'Oise. Dans ces conditions, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint au Préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour, est de nature à faire obstacle à la décision de clôture de son dossier prise par la préfecture du Val-d'Oise du 30 octobre 2022. Au demeurant, Mme B, à qui il appartenait d'adresser un dossier complet de demande de titre de séjour au service compétent pour traiter de sa demande, n'établit pas qu'elle était dans l'impossibilité de déposer un tel dossier. Par suite, compte tenu des démarches entreprises par la requérante, le prononcé de la mesure sollicitée par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative et n'apparaît pas justifié par l'urgence.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 8 juillet 2024
Le juge des référés,
Signé
F.-X. PROST
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24080402