Texte intégral
(2ème chambre)Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, Mme B... A..., représentée par Me Bougataya, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 17 janvier 2024, par laquelle le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui accorder le regroupement familial au bénéfice de son époux ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise d’accorder le regroupement familial au bénéfice de son époux dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à Me Bougataya sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et n’a pas fait l’objet d’un examen particulier ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-7 et R. 434-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dès lors que le préfet du Val-d’Oise n’a pas pris en compte les ressources de ses enfants ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2024, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une décision du 25 mars 2024, le bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à la requérante le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A..., ressortissante comorienne née le 31 décembre 1979, titulaire d’une carte de résident valable du 18 février 2016 au 17 février 2026, a sollicité, par une demande enregistrée le 17 mai 2022, le bénéfice du regroupement familial pour son époux. Par une décision du 17 janvier 2024, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande au motif que ses ressources étaient insuffisantes. Mme A... demande au tribunal l’annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. C... D..., adjoint à la cheffe du bureau du séjour à la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait d’une délégation de signature en vertu de l’arrêté du préfet du Val-d’Oise n° 23-071 du 22 décembre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, à l’effet de signer notamment les décisions prises au titre du regroupement familial. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment l’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et les faits sur lesquels elle s’appuie. Elle indique que Mme A... ne disposait pas de ressources suffisantes pour se voir accorder le regroupement familial. Dans ces conditions, cette décision, qui n’avait pas à reprendre l’ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle de Mme A..., mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences posées par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, dont le respect s’apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de Mme A... n’aurait pas fait l’objet d’un examen particulier. Ce moyen doit ainsi être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s’il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille (…) ». Aux termes de l’article L. 434-8 du ce code : « Pour l’appréciation des ressources mentionnées au 1° de l’article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l’allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l’article L. 262-1 du code de l’action sociale et des familles, à l’article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d’Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d’un cinquième (…) ». Aux termes de l’article R. 434-4 du même code : « Pour l’application du 1° de l’article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu’elles atteignent un montant équivalent à / (…) 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. ».
6. En l’espèce, le préfet du Val-d’Oise a rejeté la demande de regroupement familial de Mme A... au motif que ses ressources sur les douze mois précédant le dépôt de sa demande étaient de 1 342,29 euros bruts mensuels pour 8 personnes, soit un montant inférieur au salaire minimum de croissance brut majoré pour cette période, qui est de 1 974 euros. La requérante, qui ne conteste pas sérieusement ces chiffres, fait valoir que le préfet du Val-d’Oise aurait dû prendre en compte les ressources de ses enfants. Il résulte toutefois des dispositions précitées que les ressources à prendre en compte pour l’examen d’une demande de regroupement familial sont exclusivement celles du demandeur et de son conjoint. Dans ces conditions, la requérante n’est pas fondée à soutenir que le préfet du Val-d’Oise aurait inexactement apprécié ses ressources en lui refusant le bénéfice du regroupement familial en application des dispositions précitées.
7. En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Par ailleurs, aux termes des stipulations de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale (…). ».
8. En l’espèce, la requérante se borne à faire valoir qu’elle réside depuis plusieurs années en France, où elle vit avec quatre de ses enfants, dont deux sont nés sur le sol français, et qu’elle fait face à des difficultés pour s’occuper seule de son foyer. Toutefois, elle n’établit pas que la présence de son époux à ses côtés serait indispensable à la gestion de son foyer. Par ailleurs, la décision en litige n’a, par elle-même, ni pour objet ni pour effet de modifier la situation familiale de la requérante, qui est titulaire d’une carte de résident valable jusqu’au 17 février 2026 lui permettant de rendre visite à son époux aux Comores. Enfin, Mme A... pourra, si elle estime désormais remplir la condition de ressources suffisantes, renouveler sa demande de regroupement familial. Dans ces conditions, en rejetant la demande de regroupement familial présentée par Mme A..., le préfet du Val-d’Oise n’a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressée au respect de sa vie privée et familiale ni méconnu l’intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant doivent être écartés. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet du Val-d’Oise.
Délibéré après l’audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2025.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
(2ème chambre)Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, Mme B... A..., représentée par Me Bougataya, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 17 janvier 2024, par laquelle le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui accorder le regroupement familial au bénéfice de son époux ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise d’accorder le regroupement familial au bénéfice de son époux dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à Me Bougataya sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et n’a pas fait l’objet d’un examen particulier ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-7 et R. 434-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dès lors que le préfet du Val-d’Oise n’a pas pris en compte les ressources de ses enfants ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2024, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une décision du 25 mars 2024, le bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à la requérante le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A..., ressortissante comorienne née le 31 décembre 1979, titulaire d’une carte de résident valable du 18 février 2016 au 17 février 2026, a sollicité, par une demande enregistrée le 17 mai 2022, le bénéfice du regroupement familial pour son époux. Par une décision du 17 janvier 2024, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande au motif que ses ressources étaient insuffisantes. Mme A... demande au tribunal l’annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. C... D..., adjoint à la cheffe du bureau du séjour à la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait d’une délégation de signature en vertu de l’arrêté du préfet du Val-d’Oise n° 23-071 du 22 décembre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, à l’effet de signer notamment les décisions prises au titre du regroupement familial. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment l’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et les faits sur lesquels elle s’appuie. Elle indique que Mme A... ne disposait pas de ressources suffisantes pour se voir accorder le regroupement familial. Dans ces conditions, cette décision, qui n’avait pas à reprendre l’ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle de Mme A..., mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences posées par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, dont le respect s’apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de Mme A... n’aurait pas fait l’objet d’un examen particulier. Ce moyen doit ainsi être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s’il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille (…) ». Aux termes de l’article L. 434-8 du ce code : « Pour l’appréciation des ressources mentionnées au 1° de l’article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l’allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l’article L. 262-1 du code de l’action sociale et des familles, à l’article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d’Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d’un cinquième (…) ». Aux termes de l’article R. 434-4 du même code : « Pour l’application du 1° de l’article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu’elles atteignent un montant équivalent à / (…) 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. ».
6. En l’espèce, le préfet du Val-d’Oise a rejeté la demande de regroupement familial de Mme A... au motif que ses ressources sur les douze mois précédant le dépôt de sa demande étaient de 1 342,29 euros bruts mensuels pour 8 personnes, soit un montant inférieur au salaire minimum de croissance brut majoré pour cette période, qui est de 1 974 euros. La requérante, qui ne conteste pas sérieusement ces chiffres, fait valoir que le préfet du Val-d’Oise aurait dû prendre en compte les ressources de ses enfants. Il résulte toutefois des dispositions précitées que les ressources à prendre en compte pour l’examen d’une demande de regroupement familial sont exclusivement celles du demandeur et de son conjoint. Dans ces conditions, la requérante n’est pas fondée à soutenir que le préfet du Val-d’Oise aurait inexactement apprécié ses ressources en lui refusant le bénéfice du regroupement familial en application des dispositions précitées.
7. En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Par ailleurs, aux termes des stipulations de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale (…). ».
8. En l’espèce, la requérante se borne à faire valoir qu’elle réside depuis plusieurs années en France, où elle vit avec quatre de ses enfants, dont deux sont nés sur le sol français, et qu’elle fait face à des difficultés pour s’occuper seule de son foyer. Toutefois, elle n’établit pas que la présence de son époux à ses côtés serait indispensable à la gestion de son foyer. Par ailleurs, la décision en litige n’a, par elle-même, ni pour objet ni pour effet de modifier la situation familiale de la requérante, qui est titulaire d’une carte de résident valable jusqu’au 17 février 2026 lui permettant de rendre visite à son époux aux Comores. Enfin, Mme A... pourra, si elle estime désormais remplir la condition de ressources suffisantes, renouveler sa demande de regroupement familial. Dans ces conditions, en rejetant la demande de regroupement familial présentée par Mme A..., le préfet du Val-d’Oise n’a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressée au respect de sa vie privée et familiale ni méconnu l’intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant doivent être écartés. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet du Val-d’Oise.
Délibéré après l’audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2025.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.