Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408333
jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, M. A B demande au Tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 5 juin 2024, par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
M. B doit être regardé comme soutenant que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Val-d'Oise fait valoir que la décision attaquée est fondée en droit et en fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Prost, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, né le 2 mai 1994, a été interpelé par les services de police, le 4 juin 2024, pour des faits de conduite sous stupéfiants et pour défaut de permis de conduire. A cette occasion, il a été constaté que l'intéressé était entré en France irrégulièrement en 2021 et se trouvait dépourvu de titre de séjour. Par un arrêté en date du 5 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, le requérant demande au Tribunal d'annuler cet arrêté en toutes ses dispositions.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".
3. Il est constant que M. B ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu en situation irrégulière. Si M. B, déclare être arrivé en France en octobre 2021, vouloir y demeurer pour travailler et produit une promesse d'embauche en tant que mécanicien automobile, il ressort des pièces du dossier qu'il ne soutient ni même n'allègue avoir cherché à régulariser sa situation au regard du droit au séjour, qu'il ne produit aucune pièce à même de justifier d'attaches personnelles ou familiales en France et que la promesse d'embauche produite est datée du 5 juin 2024, date de l'arrêté attaqué, et n'est pas de nature à caractériser une quelconque insertion professionnelle. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation des conséquences sur la situation personnelle du requérant.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F.-X. Prost
La greffière,
Signé
C. PhuLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.