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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2408441

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408441

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2408441
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantZAJAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juin et 15 juillet 2024, M. C A B, représenté par Me Zajac, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à verser à Me Zajac en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il est entaché d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est dépourvu de base légale ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- il est menacé par des opposants politiques au Bangladesh.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Debourg, conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Debourg, magistrate désignée ;

- et les observations de M. Zajac, avocat désigné d'office, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- le préfet de police n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant bangladais né le 10 février 1999 à Comilla, déclare être entré sur le territoire français 4 mars 2023. Il a déposé une demande d'asile, rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 5 octobre 2023 confirmée par une décision du 11 décembre 2023 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 16 mai 2024, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision attaquée, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé avant de prendre la décision contestée. Le moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. En l'espèce, M. B ne se prévaut d'aucune insertion sociale ou professionnelle, ni d'aucun lien noué sur le territoire français. Dans ces conditions, la décision litigieuse n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En troisième lieu, le moyen tiré de l'absence de base légale n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen sera écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

6. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants. ". Si M. B fait valoir qu'il est menacé par des opposants politiques, il ne l'établit pas alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 5 octobre 2023 confirmée par une décision du 11 décembre 2023 de la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, ce moyen sera écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés du litige, sans qu'il soit besoin de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

D É C I D E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

T. Debourg

La greffière,

Signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408441

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