vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408650 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SUDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, Mme A D C, représentée par Me Sudre, avocate désignée d'office, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelables.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- méconnait le principe du respect des droits de la défense ;
- est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique l'ensemble des pièces utiles.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juin 2024 :
- le rapport de M. d'Argenson, magistrat désigné ;
- les observations de Me Sudre, avocate désignée d'office représentant Mme C, présente et assistée d'un interprète, qui conclut aux mêmes fins et même moyens et fait valoir en outre que l'arrêté portant assignation est disproportionné au regard de sa situation médicale et familiale.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante péruvienne née le 15 décembre 1980, est entrée en France le 18 janvier 2006 et a été munie de plusieurs titres de séjour, dont le dernier valable du 26 septembre 2022 au 25 septembre 2023. Mme C a fait l'objet d'un premier arrêté du 11 avril 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a assigné Mme C à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours renouvelables. Elle a contesté la légalité de ces deux arrêtés. Par une ordonnance du 13 mai 2024 n° 2406394, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté cette requête pour tardiveté. Par un arrêté du 13 juin 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a édicté une nouvelle assignation de Mme C à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours renouvelables.
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, entrée en France le 18 janvier 2006, est célibataire et mère de deux enfants à charge de nationalité péruvienne nés en 2014 et 2019 et scolarisés en France. En outre l'intéressée souffre d'un cancer du côlon ayant nécessité une opération le 5 octobre 2022 et est suivie régulièrement pour sa pathologie notamment à l'hôpital européen Georges Pompidou. Par ailleurs, la requérante produit plusieurs contrats de travail faisant état d'une activité professionnelle en qualité de femme de ménage et de garde d'enfants. Ainsi, dans les conditions très particulière de l'espèce, et compte tenu notamment de l'état de santé de la requérante, l'arrêté attaqué prolongeant la mesure d'assignation à résidence porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et doit, pour ce motif, être annulée.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 13 juin 2024 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours doit être annulé.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a assigné Mme C à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P.-H. d'Argenson La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026