Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408652
lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408652 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 202d, des pièces et un mémoire complémentaires enregistrés les 20 juin, 1er et 3 juillet 2024, M. A B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité en France, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de rectifier la date d'entrée en France mentionnée sur son récépissé en remplaçant la date du 8 septembre 2010 par celle du 8 janvier 1998 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 euro symbolique sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'en l'absence de titre de séjour, il se trouve dans une situation de grande précarité administrative et financière, faute de pouvoir exercer son activité professionnelle d'avocat alors qu'il réside en France depuis 1998 et y a fait toutes ses études ;
- la mesure est utile et ne fait obstacle à aucune décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés n'étaient pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 24 avril 1975, et entré en France, selon ses déclarations en 1998, soutient avoir présenté au préfet du Val-d'Oise, en août 2021, une demande de titre de séjour, après avoir été titulaire, jusqu'en 2016, de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Cette procédure n'a pas abouti, en dépit de multiples relances et alors que la préfecture a demandé à l'intéressé de produire plusieurs documents complémentaires, notamment au cours de l'année 2023. Par la présente requête, M. B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité en France.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".
3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité en France, M. B soutient se trouver dans une situation difficile, faute de pouvoir exercer son activité professionnelle d'avocat. Toutefois, il est constant que M. B a été muni d'un récépissé de demande de carte de séjour valable du 24 juin au 23 septembre 2024. Le requérant ne peut donc être regardé comme établissant l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'une mesure d'injonction tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour soit ordonnée au préfet du Val-d'Oise, alors que M. B n'établit pas que le récépissé remis, dont il ne produit pas de copie à l'instance, ne l'autorise pas à travailler. Cette demande doit dès lors être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'utilité de la mesure demandée.
5. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Les conclusions de la requête de M. B tendent également à ce qu'il soit fait injonction au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour et de rectifier la date d'entrée en France de l'intéressé sur le dernier récépissé qui lui a été remis. Il n'appartient toutefois pas au juge des référés d'ordonner de telles mesures. La demande présentée à ce titre par M. B ne peut dès lors qu'être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 5 août 2024.
La juge des référés
signé
E. Drevon-Coblence
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.