Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408833
lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, Mme A B, représenté par
Me Morel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 février 2024, notifiée le 16 mai 2024, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxe en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative à lui verser.
Elle soutient que :
- l'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement de titre de séjour ; en outre, l'urgence est caractérisée dès lors que son employeur lui a notifié la suspension de son contrat de travail à compter du 7 juin 2024, la privant ainsi de sa seule source de revenu alors qu'elle subvient seule à l'entretient et à l'éducation de ses deux enfants mineurs, âgés de 4 et 10 ans ;
- Sont de nature à créer un doute sérieux les moyens suivants :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est irrégulière en l'absence de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- elle est irrégulière, dès lors que les médecins signataires de l'avis sont incompétents ;
- elle est irrégulière, dès lors que le médecin ayant effectué le certificat médical ne doit pas avoir siégé au sein du collège des médecins ;
- elle est irrégulière en raison de l'impossibilité de vérifier l'existence et les mentions du rapport du médecin de l'OFII, sa transmission au collège des médecins pour avis, et la compétence du médecin ayant rédigé le rapport médical ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet se serait cru en situation de compétence liée ;
- elle a été prise en violation des dispositions des articles L. 425-9 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en violation des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu :
- la requête, enregistrée le 14 juin 2024, sous le n° 2408657, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique qui s'est tenu le 4 juillet 2024 à 10 heures, en présence de M. Grospierre, greffier :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- et les observations de Me Morel, représentant Mme B, qui reprend ses écritures.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise, née le 21 septembre 1979 à Douala, est entrée en France en janvier 2015 et a été mise en possession d'un titre de séjour pour soins à compter de 2019. Son dernier titre expirant le 2 avril 2022, elle en a sollicité le renouvellement auprès du préfet des Hauts-de-Seine. Le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande par un arrêté du 15 février 2024, notifié au guichet le 16 mai 2024. Mme B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de ce refus de renouvellement.
2. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par la requérante, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.