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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2408881

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408881

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2408881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL VERPONT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juin 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 3 juillet 2024, la commune de Ville d'Avray, représentée par Me Busson, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner l'expulsion de Mme A B du logement situé au 7 rue de Versailles à Ville d'Avray qu'elle occupe illégalement et de tout occupant de son chef, ainsi que d'enlever tous ses biens et meubles, avec au besoin, le concours de la force publique dans un délai de 20 jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le maintien irrégulier de Mme B dans le logement qu'elle occupe porte atteinte au bon fonctionnement du service public, l'empêchant d'y réaliser des travaux d'intérêt public ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, Mme B faisant l'objet d'une mise en demeure de quitter les lieux, et a indiqué quitter les locaux pour le

27 mars 2024, échéance dépassée.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024, Mme B, représentée par Me Lienard-Leandri conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de la commune requérante de la somme de 1.800 euros au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus lors de l'audience publique qui s'est tenue le 4 juillet 2024, en présence de M. Grospierre, greffier :

- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;

- les observations de Me Busson, représentant la commune de Ville d'Avray, qui reprend ses écritures ;

- et les observations de Me Lienard-Leandri, représentant Mme B, qui reprend ses écritures.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B occupe depuis 1994 un logement situé au 7 rue de Versailles à Ville d'Avray (92410), pour nécessité absolue de service en tant qu'agent de la fonction publique. Mme B a fait valoir ses droits à la retraite le 30 novembre 2022. Par des arrêtés du 1er novembre 2022 et du 10 février 2023, la commune de Ville d'Avray a autorisé

Mme B à occuper le logement jusqu'au 30 avril 2023. L'intéressée s'est toutefois maintenue dans son logement après cette date. Le 14 février 2024, l'intéressée a été mise en demeure de quitter les lieux. Elle s'y maintient toutefois depuis cette date sans justifier d'aucun titre l'habilitant à occuper ledit logement. Par la présente requête, la commune de Ville d'Avray demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de Mme B du logement occupé sans droit ni titre.

2. Le code de justice administrative dispose à son article L. 521-3 que : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B s'est maintenue dans le logement qu'elle occupe en dépit de la cessation de toute autorisation précaire du 1er novembre 2022. Elle est, par conséquent, en application des dispositions précitées, occupant sans droit ni titre de ce logement. Par ailleurs, Mme B se maintient dans ce logement malgré la mise en demeure de quitter les lieux qui lui a été adressée le 14 février 2024. Ainsi, la demande de la commune de Ville d'Avray ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Il ressort des pièces du dossier que le maintien illégal dans les lieux de la seule occupante empêche la réalisation d'un projet de création d'un service public consistant en la création d'une maison d'accueil de 6 personnes en situation de handicap et de 2 étudiants comprenant des services à la personne, qui a été validé par une délibération du conseil municipal et par la conclusion d'un contrat avec une personne chargée de la construction et de gestion de ce service public. L'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d'assurer le bon fonctionnement de ce service public, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour y effectuer des travaux de rénovation. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à Mme B de libérer le logement qu'elle occupe indûment, dans un délai de 20 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et, à défaut, d'autoriser la commune de Ville d'Avray à procéder à son expulsion. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Ville d'Avray présentées au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ville d'Avray, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au même titre par Mme A B.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à Mme A B de libérer le logement qu'elle occupe sans droit ni titre, au 7 rue de Versailles à Ville d'Avray, dans le délai de 20 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour elle de déférer à cette injonction, la commune de Ville d'Avray pourra procéder à son expulsion des lieux.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Ville d'Avray et à Mme A B.

Fait à Cergy, le 11 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

M. Thobaty

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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