Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408885
mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, M. A C doit être regardé comme demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de sa demande d'asile.
Il fait valoir qu'il souhaite que sa demande d'asile soit prise en charge par les autorités françaises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robert pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :
- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant malien né le 6 novembre 1998, a introduit une demande d'asile en France le 27 mars 2024. La consultation du fichier " Eurodac " a révélé que ses empreintes avaient été préalablement enregistrées en Espagne le 1er février 2024. Une demande de prise en charge a été adressée le 27 mars 2024 aux autorités espagnoles, qui l'ont acceptée implicitement le 28 mai 2024. Par un arrêté du 13 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise a décidé du transfert de M. C aux autorités espagnoles responsables de sa demande d'asile. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () 2. L'Etat membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'Etat membre responsable, ou l'Etat membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre Etat membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre Etat membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
3. Si M. C soutient qu'il souhaite que sa demande d'asile soit prise en charge par les autorités françaises, il n'assortit pas son moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation du requérant, célibataire, sans enfant et n'invoquant aucun motif humanitaire, justifierait une dérogation aux règles de transfert entre Etats-membres. Par suite, le moyen doit être rejeté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 13 juin 2024 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 9 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
D. Robert La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.