Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409092

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour en tant que parent d'enfant français. En cours d'instance, le préfet du Val d'Oise a convoqué la requérante à un rendez-vous le 25 juillet 2024. Constatant que l'objet du litige avait disparu, le juge a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et rejeté la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juin 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 12 juillet 2024, Mme A représentée par Me Leblanc demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de la convoquer dans un délai de huit jours à un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et de la munir d'un récépissé l'autorisant à travailler puis d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la demande présente un caractère urgent dès lors qu'elle est placée en situation

irrégulière alors qu'elle peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit en sa qualité de parent d'enfant français, et qu'elle est par conséquent dans l'impossibilité de travailler, la privant ainsi de toutes ressources ;

- la demande présente un caractère utile dès lors qu'en dépit de ses nombreuses tentatives elle ne parvient pas à obtenir un rendez-vous ;

- la mesure sollicitée n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors qu'aucune décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux n'a pu naître des échecs répétés de la procédure.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2024, le préfet du Val d'Oise produit une convocation à la sous-préfecture de Sarcelles en date du 25 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gabarda, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de lui délivrer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet du Val d'Oise a produit à l'instance une convocation à Mme A l'invitant à se rendre en préfecture le 25 juillet 2024 aux fins de déposer sa demande de titre de séjour. La requérante, à qui ces éléments ont été communiqués, n'a pas produit d'observations après la date de ce rendez-vous et n'a pas informé le tribunal de ce qu'elle n'aurait pu, à l'occasion de ce rendez-vous, déposer sa demande ou qu'un récépissé ne lui aurait pas été remis. Dès lors, les conclusions de la requérante tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val d'Oise, sous astreinte, de lui fixer un rendez-vous pour déposer sa demande et lui délivrer un récépissé sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme quelconque au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val d'Oise de fixer à Mme A un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et lui délivrer un récépissé, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet du Val d'Oise.

Fait à Cergy, le 20 août 2024.

Le juge des référés

signé

O. Gabarda

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.