Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409133
vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409133 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire, et des pièces complémentaires, enregistrés le 24 juin, les 8 et 19 juillet 2024, Mme B A C, représentée par Me Gafsia, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites du préfet des Hauts-de-Seine refusant de la convoquer afin de lui permettre de déposer son dossier de demande de titre de séjour et rejetant sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre, subsidiairement, audit préfet de la convoquer à un rendez-vous afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C, ressortissante congolaise, a, par des courriels du 1er décembre 2022 et 4 octobre 2023, demandé aux services de la préfecture des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour, lesquels sont restés sans réponse. Le 4 octobre 2023, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour par l'intermédiaire de la plateforme téléservices " démarches-simplifiées " de la préfecture des Hauts-de-Seine. Mme A C conteste, d'une part, les décisions implicites de rejet de sa demande de rendez-vous, nées, selon elle, de l'absence de convocation en préfecture, et, d'autre part, les décisions implicites de rejet de sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
Sur les décisions implicites portant refus de convocation :
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable. Toutefois, s'il résulte des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le silence gardé par l'administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet, ni ces dispositions ni aucune autre disposition législative ou réglementaire ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. La convocation de l'étranger par l'autorité administrative à la préfecture afin qu'il y dépose sa demande de titre de séjour, qui n'a d'autre objet que de fixer la date à laquelle il sera, en principe, procédé à l'enregistrement de sa demande dans le cadre de la procédure devant conduire à une décision sur son droit au séjour, ne constitue pas une décision faisant grief, susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par ailleurs, le silence gardé par l'administration sur une demande de rendez-vous n'a pas pour effet de faire naître une décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour pouvant être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir. Dans une telle hypothèse, il appartient seulement à l'étranger, qui, ainsi qu'il a été dit, a le droit de voir sa situation examinée dans un délai raisonnable, de saisir le juge des référés, s'il s'y croit fondé, d'une demande tendant à ordonner toute mesure qu'il estime utile pour l'obtention d'un rendez-vous.
4. Le silence gardé par l'administration sur les demandes par lesquelles Mme A C a sollicité un rendez-vous en vue de déposer son dossier de demande de titre de séjour à la préfecture n'a pas fait naître de décisions implicites de refus susceptibles d'être contestées devant le juge de l'excès de pouvoir. Les conclusions tendant à l'annulation de ces prétendues décisions sont donc manifestement irrecevables.
Sur les décisions implicites portant refus de séjour :
5. En second lieu, aux termes de l'article R.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
6. Mme A soutient que l'absence de réponse à ses deux demandes de rendez-vous a fait naître deux décisions implicites de rejet de ses demandes de titre de séjour qu'elle entendait former. Toutefois, la requérante ne justifie pas de l'enregistrement de telles demandes, lequel n'intervient qu'après, d'une part, la vérification de la complétude du dossier et, d'autre part, le rendez-vous en préfecture à l'issue duquel est délivré un récépissé qui vaut enregistrement de la demande. En particulier, l'attestation de pré-examen d'une demande d'admission exceptionnelle n'atteste que du respect de formalités préalables, mais ne fait pas courir le délai de quatre mois à l'issue duquel serait née une décision implicite de rejet. Par suite, la requête de Mme A C est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre des décisions implicites qui, en l'espèce, sont inexistantes.
7. Il en résulte que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la requérante ne peuvent, qu'être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence des conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 27 septembre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
C. HUON
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.