Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409168

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409168
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant malien, qui demandait la délivrance d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour. Le tribunal a constaté que le préfet du Val-d'Oise avait déjà édité une carte de séjour temporaire valable du 4 juin 2024 au 3 juin 2025, rendant la demande sans objet. La condition d'urgence invoquée par le requérant, liée à une suspension par son employeur, n'a pas été examinée en raison de l'irrecevabilité de la requête. Les frais de justice n'ont pas été mis à la charge de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, M. A B, représenté par Me Cisse, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que son employeur l'a suspendu dans l'attente de la présentation d'un document de séjour en cours de validité ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir avoir édité une carte de séjour temporaire valable du 4 juin 2024 au 3 juin 2025, en attente de retrait de la part de M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 15 mars 1975, s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle ayant expiré le 1er septembre 2023. Il a sollicité le renouvellement de sa carte et un récépissé de sa demande de titre lui a été délivré en dernier lieu le 20 mars 2024, qui a expiré le 19 juin 2024. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un nouveau récépissé.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de l'instruction que le préfet du Val-d'Oise a édité au profit de M. B le 4 juin 2024, préalablement à l'enregistrement de la requête, une carte de séjour temporaire valable du 4 juin 2024 au 3 juin 2025. Dans ces conditions, la requête, dépourvue d'objet, est irrecevable.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre des frais liés à l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 17 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.