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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2409224

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409224

jeudi 1 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409224
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET DURIGON - PERSIDAT - VERDET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par la SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions pour obtenir l'expulsion de la société FG, qui occupait sans droit ni titre un emplacement de 28 m² sur le domaine public ferroviaire en gare d'Ecouen-Ezanville depuis la résiliation de sa convention en mars 2023. Le juge a constaté l'urgence et l'absence de contestation sérieuse, la société FG étant occupante sans titre après la liquidation judiciaire et la fin de la convention. Il a enjoint à la société FG de libérer les lieux sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, et a autorisé son expulsion en cas de non-exécution, en application des articles L. 521-3 et L. 511-2 du code de justice administrative, ainsi que du code des transports et du code de commerce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juin 2024 et le 15 juillet 2024, la société SNCF Gares et Connexions et la société Retail et Connexions, représentées par Me Chalavon, demandent au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la nouvelle société FG de libérer l'emplacement d'une superficie de 28 m² situé sur le domaine public ferroviaire, en gare d'Ecouen-Ezanville, sur la commune d'Ezanville (ligne H du Transilien et TER) et ayant une activité de salon de coiffure et barber shop, sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre à la nouvelle société FG de libérer l'emplacement susvisé conformément aux dispositions de l'article 27 des conditions générales de la convention et de remettre à la société SNCF Gares et Connexions le registre de sécurité et les clefs, sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'ordonner l'expulsion de la nouvelle société FG de l'emplacement susvisé, sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la nouvelle société FG la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'occupation du domaine public ferroviaire porte atteinte à l'intérêt public et à sa continuité, en l'absence de lien juridique ayant existé entre la société SNCF Gares et Connexions et la société FG et des capacités techniques et de la solidité financière et eu égard aux manœuvres de la société FG pour tromper la société SNCF Gares et Connexions, en outre, l'occupation irrégulière rend impossible le projet de réaménagement global du pôle autour de la gare à très brève échéance, enfin la société FG n'est pas à jour de ses obligations financières à l'égard de la société SNCF Gares et Connexions ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors que la société NCF Gares et Connexions ne dispose d'aucune voie de droit autre que celle du référé pour obtenir, en l'absence d'accord avec la société FG, la libération de l'emplacement irrégulièrement occupé ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que la société FG doit être regardée comme occupant sans droit ni titre ce domaine public depuis le 25 mars 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, la société FG, représentée par Me Verdet, fait valoir, à titre principal, l'irrecevabilité de la requête des sociétés SNCF GARES et CONNEXIONS et RETAIL et CONNEXIONS pour défaut d'intérêt à agir et, à titre subsidiaire, de lui accorder un délai de six mois à compter de la décision à intervenir pour libérer les locaux qu'elle occupe 17 place de la gare à EZANVILLE, cadastré section AH numéro 256 et, en tout état de cause, de mettre à la charge des sociétés SNCF GARES et CONNEXIONS et RETAIL et CONNEXIONS la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761- 1 du Code de justice administrative

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 15 juillet 2024 à 10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- les observations de Me Chalavon, représentant, les sociétés requérantes, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures ;

- et les observations de Me Persidat, substituant Me Verdet, représentant la société FG (nouvelle) qui confirme ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une convention d'occupation du domaine public ferroviaire en date du 28 mai 2018, le société FG a été autorisée par la société SNCF Gares et connexions à occuper un emplacement d'une superficie de 28 m² situé sur le domaine public ferroviaire en gare d'Ecouen-Ezanville, sur la commune d'Ezanville, rue de la gare, sur la ligne H du Transilien et la ligne TER n° 325000 d'Epinay-Villetaneuse à Le Tréport-Mers, pour y exercer l'activité de salon de coiffure et barber shop. Cette convention a été conclue pour une durée de cinq ans, prenant effet à compter du 1er mai 2018. La société FG s'est engagée au titre de cette convention à verser une redevance annuelle d'un montant de 7 000 euros hors taxes et hors charges. Après le prononcé de sa liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Bobigny, le 14 février 2023, la société FG a informé la société SNCF Gares et Connexions qu'elle n'entendait pas poursuivre la convention. La convention a été résiliée, le 24 mars 2023, et a expirée le 30 avril 2023. Le gérant de la société FG continue toutefois de poursuivre son exploitation et refuse de quitter les lieux. Par la présente requête, la société SNCF Gares et connexions et la société Retail et Connexions demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, que soit prononcée l'expulsion de la société FG.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. S'agissant de cette dernière condition, dans le cas où la demande d'expulsion fait suite à la décision du gestionnaire du domaine de retirer ou de refuser de renouveler le titre dont bénéficiait l'occupant et où, alors que cette décision exécutoire n'est pas devenue définitive, l'occupant en conteste devant lui la validité, le juge des référés doit rechercher si, compte tenu tant de la nature que du bien-fondé des moyens ainsi soulevés à l'encontre de cette décision, la demande d'expulsion doit être regardée comme se heurtant à une contestation sérieuse.

4. En l'état de l'instruction, l'urgence, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, n'est pas caractérisée. Par ailleurs, la gêne invoquée n'est pas suffisamment établie pour caractériser l'utilité de la mesure demandée.

5. Il résulte de ce tout qui précède que la requête présentée par la société SNCF Gares et Connexions et la société Retail et Connexions doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la société FG.

6. Il n'y a pas lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société SNCF Gares et Connexions et la société Retail et Connexions la somme demandée par la société FG au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société SNCF Gares et Connexions et la société Retail et Connexions est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société FG au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SNCF Gares et Connexions, à la société Retail et Connexions, à la société FG et au ministre des transports.

Fait à Cergy, le 1er août 2024.

Le juge des référés

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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