Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409241
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GARCIA AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2405551 du 26 juin 2024, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 26 juin 2024, le président du tribunal administratif de Montreuil a, sur le fondement de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif la requête de M. B C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 24 avril 2024, M. C, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 23 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de prendre toute mesure de nature à effacer son signalement dans le système d'information Schengen dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles ont été prises au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il a été privé de la possibilité de présenter les éléments pertinents de sa situation qui auraient pu influer sur le contenu de la décision ;
- elles ont été prises au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a été méconnu ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le risque de fuite n'est pas caractérisé ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle méconnait les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis informe le tribunal qu'il ne dispose d'aucun dossier correspondant à un arrêté pris le 23 avril 2024 à l'encontre de M. B C.
Il fait valoir que par un arrêté en date du 22 avril 2024, il a obligé Monsieur A se disant B Diallo à quitter sans délai le territoire français et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant deux ans, que cet arrêté a fait l'objet d'une requête enregistrée le 23 avril 2024 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, et que cette requête a été rejetée par un jugement n°2405521 du tribunal administratif de Montreuil en date du 2 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chaufaux pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date des décisions en litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de Mme Chaufaux, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, au cours de laquelle elle a informé les parties de ce que le tribunal, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, était susceptible de fonder sa décision sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées à l'encontre d'une décision inexistante.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C demande au tribunal l'annulation de l'arrêté en date du 23 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant deux ans.
2. Si M. C soutient que par un arrêté en date du 23 avril 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant deux ans, il ne produit pas à l'instance cet arrêté. Par ailleurs, le préfet de la Seine-Saint-Denis fait valoir, sans être contesté, qu'il ne dispose d'aucun dossier correspondant à un arrêté pris le 23 avril 2024 à l'encontre de M. B C. Il s'ensuit que les conclusions de la requête dirigées contre ce prétendu arrêté tendent à l'annulation d'une décision inexistante et sont, par suite, irrecevables.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Garcia et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024
La magistrate désignée,
Signé
E. Chaufaux
La greffière,
Signé
C. Phu
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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