mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409394 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FEVRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 28 juin 2024, le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la requête de M. C.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 1er et 15 février 2024, M. C, représenté par Me Février, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en se fondant sur les 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète du Val-de-Marne a entaché cette décision d'une erreur de droit ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour en France d'une durée de trois ans :
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des quatre critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Val-de-Marne a communiqué les pièces constitutives du dossier du requérant.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin,
- et les observations de Me Rahmouni, représentant la préfecture du Val-de-Marne qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que le requérant a reconnu les faits à l'origine de son interpellation, que son entrée en France est récente et que les éléments de sa situation personnelle ont été examinés préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué.
- M. C n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 5 mai 1991 demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 31 janvier 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022/08671 du 25 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 23 de la préfecture du Val-de-Marne, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à M. A D, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, pour signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision litigieuse, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation personnelle du requérant, vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les faits qui en constituent le fondement. Si le requérant soutient que la motivation de cette décision est insuffisante dans la mesure où la préfète ne s'est pas livrée à un examen de sa situation personnelle, il ressort au contraire des pièces du dossier que cette dernière a mentionné dans cette décision, les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée manque en fait et doit dès lors être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; /2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ;() 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () "
5. Tout d'abord, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, d'une part, que la préfète a fondé la mesure d'éloignement en litige sur les dispositions du 1° du L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que cette mesure était justifiée par le fait que M. C n'établissait pas être entré régulièrement sur le territoire français alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré régulièrement sur le territoire français sous couvert d'un visa Schengen valable du 11 septembre 2022 au 3 janvier 2023. La base légale retenue par la préfète du Val-de-Marne pour prendre la décision attaquée est donc entachée d'illégalité.
6. Ensuite, pour prononcer la mesure d'éloignement attaquée, la préfète s'est également fondée sur le 5° du L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment sur la circonstance que l'intéressé s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français et qu'il a en outre, été interpellé par les services de police pour avoir d'une part, usé d'un faux permis de conduire belge et d'autre part, avoir conduit un véhicule sans permis de conduire de sorte que son comportement est constitutif d'une menace à l'ordre public. Ces faits ne sont pas contestés par M. C, tant au cours de son audition qu'au cours de l'audience publique. Dans ces conditions, alors que les conditions fixées au 5° de l'article L. 611-1 précité étaient remplies, la préfète du Val-de-Marne pouvait, pour ce seul motif, et sans méconnaitre l'article L. 611-1 5° du code précité, prononcer la mesure d'éloignement attaquée.
7. En tout état de cause, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à l'expiration de son visa sans effectuer les démarches nécessaires afin de régulariser sa situation, tel qu'une demande de titre de séjour. Dès lors, il est au nombre des étrangers visés par les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code précité, qui peuvent être substituées à celles du 1° du même l'article, dès lors que cette substitution de base légale ne prive l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. En l'espèce, le requérant se prévaut d'une part, des attaches dont il dispose en France, en particulier, son épouse, ses deux sœurs ainsi que ses nombreux amis et d'autre part, de son expérience professionnelle en qualité de peintre en bâtiment. Toutefois, contrairement à ce qu'il soutient, les pièces qu'il produit à l'instance ne permettent pas de justifier de la réalité de l'activité professionnelle dont il se prévaut, ni davantage de la présence en France de son épouse, compatriote tunisienne avec qui il s'est marié le 4 septembre 2021, en Tunisie. Les deux seules attestations, établies pour les besoins de la cause, par des amis qui certifient notamment qu'il est " respectueux " " bien intégré " et " serviable " ne sont pas à elles-seules suffisantes, pour établir qu'en prononçant la décision litigieuse, la préfète du Val-de-Marne a porté à son droit au respect à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise et qu'elle aurait ainsi méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'octroyer un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentations suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () "
13. En l'espèce, en visant les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en relevant que le requérant était entré irrégulièrement en France, qu'il n'était pas titulaire d'un titre de séjour, qu'il a usé d'un faux permis de conduire et qu'il a conduit un véhicule sans détenir de permis de conduire, qu'il ne justifiait d'aucune, qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière, la préfète du Val-de-Marne a énoncé de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit qui l'ont amenée à refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. C. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision manque en fait et doit dès lors, être écarté.
14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. En troisième et dernier lieu, eu égard à tout ce qui a été énoncé précédemment, en refusant d'octroyer un délai de départ volontaire au requérant, la préfète n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle du requérant. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit dès lors, être écarté.
17. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision lui fixant son pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne l'interdiction de retour en France d'une durée de trois ans :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " L'article L. 612-10 du même code dispose: " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
19. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
20. Premièrement, il ressort des termes de la décision attaquée qui vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont rappelées au point 18 du présent jugement, que la préfète du Val-de-Marne a pris en compte, au vue de la situation de M. C, l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en relevant notamment que le requérant s'est maintenu en situation irrégulière depuis son entrée en France, qu'il s'est déclaré célibataire, sans charge de famille, et qu'il a en outre, été interpellé pour des faits de détention et d'usage de faux documents administratifs et de conduite sans permis de conduire commis le 30 janvier 2024 sur le territoire national. Ainsi, cette décision est suffisamment motivée au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
21. Secondairement, eu égard à ce qui vient d'être énoncé et aux pièces produites à l'instance, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée de trois ans, la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'interdiction de retour en France pour une durée de trois ans doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
23. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne en date du 31 janvier 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Zaccaron Guérin La greffière,
Signé
C. Phu
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24093942
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026