Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409396
mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409396 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de la commission de médiation des Hauts-de-Seine de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. La commission avait explicitement rejeté son recours le 30 août 2023, estimant que Mme A..., locataire d’un logement de 30 m² avec un loyer adapté à ses revenus, n’était ni dépourvue de logement, ni logée dans des conditions insalubres ou dangereuses. Le tribunal a constaté que la requérante ne contestait pas ces motifs et que son foyer ne comprenait ni enfant mineur ni personne handicapée, rendant inopérants les moyens soulevés. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin 2024 et 27 août 2024, Mme B... A..., représentée par Me Ngeleka, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, déposé le 28 juillet 2023 ;
2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui attribuer un logement adapté à ses besoins et capacités, dans le délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a produit la décision du 30 août 2023 par laquelle la commission de médiation a explicitement statué sur le recours amiable de Mme A... et conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision du 6 mai 2024 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de de Pontoise a admis Mme A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte sociale européenne, signée à Strasbourg le 3 mai 1996 ;
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».
Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux (…) ». L’article L. 441-2-3 du même code dispose que : « (…) II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (…) ».
En premier lieu, si Mme A... demande l’annulation d’une décision implicite, il résulte de l’instruction que son recours amiable a fait l’objet d’une décision explicite de rejet le 30 août 2023 de la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine, qui doit donc être regardée comme la décision attaquée.
En deuxième lieu et d’une part, la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté le recours amiable de Mme A... au motif qu’étant locataire de son logement, elle ne pouvait se dire dépourvue de logement. La commission de médiation a également estimé que Mme A... n’était pas logée dans un logement impropre à l’habitation. De même, la commission de médiation a estimé que son logement n’était ni insalubre, ni dangereux, compte tenu des conclusions du rapport du service d’hygiène de sa commune. Enfin, si Mme A... est attente d’un logement social depuis 2018, la commission de médiation a relevé que son logement actuel était adapté à ses besoins et à ses capacités financières, dès lors qu’elle résidait seule dans un logement de 30 m² pour un loyer résiduel de 800 euros disposant d’un salaire de 2 000 euros. Mme A... ne conteste aucun de ces motifs.
D’autre part, la commission de médiation a relevé que le foyer de Mme A... ne comptait ni personne handicapée, ni enfant mineur, faisant obstacle à ce qu’elle se prévale de la suroccupation ou de l’indécence de son logement. Si Mme A... soutient que son logement actuel n’est pas décent, elle ne conteste pas le motif qui lui a été opposé tenant à la composition de son foyer.
En outre, la commission de médiation a rejeté le recours amiable de Mme A... au motif qu’elle ne pouvait être regardée comme menacée d’expulsion, n’établissant pas l’existence d’un jugement prononçant cette expulsion. Pour contester ce motif, Mme A... se borne à soutenir que son bailleur a augmenté son loyer en avril 2023 puis juin 2024, l’exposant à un risque de non-paiement de ce dernier, ce qui pourrait la conduire à une expulsion.
Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation n’est assorti que de faits insusceptibles de venir à son soutien.
En dernier lieu, l’article 31 de la Charte sociale européenne dispose qu’en vue d’assurer l’exercice effectif d’un droit au logement, les États parties s’engagent à prendre des mesures destinées à favoriser l’accès au logement, à prévenir et à réduire l’état de sans-abri, à rendre le coût du logement accessible aux personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes. Ces stipulations, qui requièrent l'intervention d'actes complémentaires pour produire des effets à l'égard des particuliers, ont pour objet exclusif de régir les relations entre États. Par suite, le moyen de Mme A... tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant.
Il résulte de ce qui précède que Mme A..., qui est assistée d’un avocat, n’assortit sa requête que de moyens inopérants, des moyens dépourvus des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé ou qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d’annulation de Mme A... doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais non-compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal ordonne:
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à Me Ngeleka et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin 2024 et 27 août 2024, Mme B... A..., représentée par Me Ngeleka, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, déposé le 28 juillet 2023 ;
2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui attribuer un logement adapté à ses besoins et capacités, dans le délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a produit la décision du 30 août 2023 par laquelle la commission de médiation a explicitement statué sur le recours amiable de Mme A... et conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision du 6 mai 2024 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de de Pontoise a admis Mme A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte sociale européenne, signée à Strasbourg le 3 mai 1996 ;
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».
Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux (…) ». L’article L. 441-2-3 du même code dispose que : « (…) II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (…) ».
En premier lieu, si Mme A... demande l’annulation d’une décision implicite, il résulte de l’instruction que son recours amiable a fait l’objet d’une décision explicite de rejet le 30 août 2023 de la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine, qui doit donc être regardée comme la décision attaquée.
En deuxième lieu et d’une part, la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté le recours amiable de Mme A... au motif qu’étant locataire de son logement, elle ne pouvait se dire dépourvue de logement. La commission de médiation a également estimé que Mme A... n’était pas logée dans un logement impropre à l’habitation. De même, la commission de médiation a estimé que son logement n’était ni insalubre, ni dangereux, compte tenu des conclusions du rapport du service d’hygiène de sa commune. Enfin, si Mme A... est attente d’un logement social depuis 2018, la commission de médiation a relevé que son logement actuel était adapté à ses besoins et à ses capacités financières, dès lors qu’elle résidait seule dans un logement de 30 m² pour un loyer résiduel de 800 euros disposant d’un salaire de 2 000 euros. Mme A... ne conteste aucun de ces motifs.
D’autre part, la commission de médiation a relevé que le foyer de Mme A... ne comptait ni personne handicapée, ni enfant mineur, faisant obstacle à ce qu’elle se prévale de la suroccupation ou de l’indécence de son logement. Si Mme A... soutient que son logement actuel n’est pas décent, elle ne conteste pas le motif qui lui a été opposé tenant à la composition de son foyer.
En outre, la commission de médiation a rejeté le recours amiable de Mme A... au motif qu’elle ne pouvait être regardée comme menacée d’expulsion, n’établissant pas l’existence d’un jugement prononçant cette expulsion. Pour contester ce motif, Mme A... se borne à soutenir que son bailleur a augmenté son loyer en avril 2023 puis juin 2024, l’exposant à un risque de non-paiement de ce dernier, ce qui pourrait la conduire à une expulsion.
Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation n’est assorti que de faits insusceptibles de venir à son soutien.
En dernier lieu, l’article 31 de la Charte sociale européenne dispose qu’en vue d’assurer l’exercice effectif d’un droit au logement, les États parties s’engagent à prendre des mesures destinées à favoriser l’accès au logement, à prévenir et à réduire l’état de sans-abri, à rendre le coût du logement accessible aux personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes. Ces stipulations, qui requièrent l'intervention d'actes complémentaires pour produire des effets à l'égard des particuliers, ont pour objet exclusif de régir les relations entre États. Par suite, le moyen de Mme A... tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant.
Il résulte de ce qui précède que Mme A..., qui est assistée d’un avocat, n’assortit sa requête que de moyens inopérants, des moyens dépourvus des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé ou qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d’annulation de Mme A... doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais non-compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal ordonne:
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à Me Ngeleka et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision