Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409466

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B. Ce dernier demandait la suspension de la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui avait retiré sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (défaut de motivation, erreur manifeste d'appréciation) n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La requête a donc été rejetée dans son ensemble, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. A B, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle, ensemble le refus implicite de son recours gracieux présenté le 6 avril 2024 ;

2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de ne pas entraver l'utilisation de sa carte professionnelle pour tous ses besoins dans le cadre de ses activités professionnelles ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut plus travailler en qualité d'agent de sécurité privée, qu'il se trouve dans une situation de détresse psychologique exacerbée et que sa famille se retrouve en situation de précarité en raison de son absence de revenu ;

- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de situation personnelle et professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité, conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 15 juillet 2024 à 09h30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière) d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations de Me Surjous, substituant Me Saïdi, représentant le requérant, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B travaille au sein de la société HUBSAFE depuis le 1er juin 2005, après l'obtention d'une carte professionnelle. Par une décision en date du 8 mars 2024, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a procédé au retrait de sa carte professionnelle. Le 6 avril 2024, l'intéressé a présenté un recours gracieux auprès du conseil national des activités privées de sécurité qui a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête,

M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 8 mars 2024 du conseil national des activités privées de sécurité, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 6 avril 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle, ensemble le refus implicite de son recours gracieux présenté le 6 avril 2024. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur du conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Cergy le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.