Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409572
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409572 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, Mme B C A, représentée par Me Jean, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou à toute administration compétente, de rectifier l'erreur mentionnée électroniquement sur son titre de séjour " étranger malade " au lieu de " VPF - AES " afin de lui permettre d'en obtenir le renouvellement, et ce sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- sa situation précaire crée une situation d'urgence, qu'elle se retrouve en situation irrégulière alors qu'une demande de renouvellement est toujours en cours d'instruction et qu'elle aurait dû se voir délivrer un titre de séjour, au regard de l'intensité de ses attaches familiales sur le territoire français, qu'elle avait entrepris les démarches afin de renouveler son titre de séjour dès le mois d'avril 2024, son titre de séjour étant valable jusqu'au 7 juin 2024, qu'une demande de renouvellement de titre de séjour est bien en cours d'instruction sur le site ANEF mais la récente notification du 2 juillet 2024 par laquelle la plateforme ANEF a mis à sa disposition un formulaire vierge de certificat médical laisse supposer que sa demande sera instruite au regard de son état de santé alors qu'elle aurait dû être instruite comme une demande de renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " VPF ", que sa demande risque d'être classée sans suite à tout moment alors qu'il suffirait que l'erreur soit rectifiée pour qu'elle obtienne le renouvellement de sa carte de séjour temporaire et qu'elle ne dispose enfin, actuellement, d'aucun document lui permettant d'attester de son séjour régulier sur le territoire français après la date du 7 juin 2024 ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu'elle aurait dû pouvoir solliciter le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " au regard de ses attaches familiales soit sur " ANEF ", soit sur " demarches.simplifiees.fr " ;
- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C A, ressortissante ivoirienne née le 23 novembre 1955, indique être entrée en France en 2001. Elle a été munie de titres de séjour pour soins les 24 avril 2009 et 2 juin 2020, avant de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 23 novembre 2012. Par un jugement n° 2300119 du 11 mai 2023, la 3ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, a annulé l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour. Le 27 mai 2024, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou à toute administration compétente, de rectifier l'erreur mentionnée électroniquement sur son titre de séjour " étranger malade " au lieu de " VPF - AES " afin de lui permettre d'en obtenir le renouvellement.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard au délai dans lequel doit statuer le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. Si, en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut ordonner toute mesure utile lorsque l'urgence le justifie, il ne saurait, sans méconnaître l'article L. 511-1 du même code et excéder sa compétence, prononcer une mesure définitive.
5. Si Mme A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de rectifier l'erreur mentionnée électroniquement sur son titre de séjour " étranger malade " au lieu de " VPF - AES " afin de lui permettre d'en obtenir le renouvellement, toutefois, ces conclusions visent à obtenir une mesure définitive.
6. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de rectifier l'erreur mentionnée électroniquement sur le titre de séjour de la requérante " étranger malade " au lieu de " VPF - AES " sont manifestement irrecevables. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.