Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409585
mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 et 18 juillet 2024,
Mme B A, représentée par Me Lenormand, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui remettre un document provisoire autorisant son séjour en France, avant le 1er août 2024, ou au plus tard dans le délai de 48 heures, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors que, d'une part, elle est dans l'impossibilité de poursuivre la formation qu'elle a déjà entamée et de s'inscrire pour passer son examen de première année de CAP en 2025 et d'autre part, elle ne peut procéder au renouvellement de son passeport algérien en l'absence de document justifiant de la régularité de son séjour sur le territoire français ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme A a été convoquée en préfecture le 27 janvier 2025 à
9 heures afin de voir sa situation examinée et ne démontre pas que sa situation relève de l'urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante algérienne née le 2 février 1975 à Tlemcen en Algérie est entrée en France en décembre 2019, sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture du Val-d'Oise, le 6 septembre 2023. Une convocation en préfecture lui a été délivrée pour le 27 janvier 2025 à 9 heures afin que sa demande soit examinée. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui remettre un document provisoire autorisant son séjour en France.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y étudier, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet du
Val-d'Oise de lui délivrer un document provisoire de séjour, Mme A soutient que, d'une part, elle est dans l'impossibilité de poursuivre la formation en pâtisserie qu'elle a déjà entamée et de s'inscrire pour passer son examen de première année de CAP en 2025 et d'autre part, elle ne peut procéder au renouvellement de son passeport algérien en l'absence de document justifiant de la régularité de son séjour sur le territoire français. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme A, qui se maintient en situation irrégulière sur le territoire depuis l'expiration de son visa de court séjour avec lequel elle est entrée en France en décembre 2019, a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture du Val-d'Oise le 6 septembre 2023 et s'est vu remettre une convocation pour le 27 janvier 2025 à 9 heures. Ainsi, les circonstances que l'intéressée invoque ne justifient pas que sa demande d'admission exceptionnelle au séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à très bref délai afin d'enregistrer sa demande et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence rendant nécessaire l'édiction de la mesure sollicitée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet du
Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 23 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
L. Buisson
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.