Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409633
jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, Mme A B représentée par Me Cisse, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet du
Val-d'oise portant rejet de sa demande de renouvellement de certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa demande de carte de séjour dans un délai de huit jours et de lui remettre sans délai un récépissé dans l'attente de l'étude de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne pourra pas se rendre aux obsèques de sa mère et est dépourvue de toute document de séjour valide, l'exposant à un risque de mesures d'éloignement.
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée
- elle a été prise en violation du droit d'être entendu, en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et des dispositions des articles L. 431-12, L.432-2,
R. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et au rejet de la requête à titre subsidiaire
Il fait valoir qu'un récépissé valable du 8 juillet au 7 octobre 2024 a été délivré à Mme B.
Vu :
- la requête n° 2409637, enregistrée le 4 juillet 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juillet 2024 à 14 heures, tenue en présence de Mme Phu, greffière d'audience :
Le rapport de M. Buisson, juge des référés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne, née le 10 août 1991, était titulaire d'un certificat de résidence algérien portant la mention " Scientifique Chercheur " qui a expiré le 6 septembre 2023. Elle en a sollicité le renouvellement auprès du préfet du Val-d'Oise le
31 août 2023 et a été mise en possession d'un récépissé valable jusqu'au 6 décembre 2023., Elle a demandé la délivrance d'un nouveau récépissé le 21 décembre 2023, restée sans réponse. Une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est née du silence gardé par le préfet du Val-d'Oise plus de quatre mois après le dépôt de sa demande. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de certificat de résidence algérien.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée :
2.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il résulte de l'instruction que, comme l'a indiqué le préfet du Val d'Oise dans son mémoire, enregistré le 11 juillet 2024, Mme B s'est vue remettre un récépissé valable du 8 juillet au 7 octobre 2024. Par suite, la condition de l'urgence exigée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles présentées au titre des dispositions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet du Val-d'Oise.
Fait, à Cergy, le 18 juillet 2024
Le juge des référés,
signé
L. Buisson
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.