Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409660
samedi 6 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409660 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Tournan, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de regroupement familial dans un délai de 48 heures, d'ordonner la fabrication du titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " de son épouse, Mme B, et de renouveler son récépissé dans l'attente, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros toutes taxes comprises en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'il est porté atteinte au fonctionnement correct du service public, à son droit au respect de la vie privée et familiale et au droit de circuler librement de son épouse ; en outre, elle ne peut évoluer professionnellement et ils ne peuvent contracter un emprunt bancaire ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. L'article R. 434-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial () statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial. ".
5. M. C A, ressortissant chinois, expose que la demande de regroupement familial qu'il a formée au bénéfice de son épouse, le 15 septembre 2022, a été enregistrée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Montrouge, le 14 mars 2023, et qu'il attend depuis lors une réponse des services de la préfecture des Hauts-de-Seine. Toutefois, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article R. 434-26 qu'une décision implicite de rejet de la demande de regroupement familial de M. A est nécessairement née six mois après l'enregistrement de sa demande, soit le 14 septembre 2023. La circonstance que l'OFII ait poursuivi après cette date l'instruction de la demande présentée par le requérant n'est pas de nature à faire obstacle à l'existence et à l'exécution de cette décision implicite. Il ressort au demeurant du courrier des services de la direction territoriale de l'OFII de Montrouge l'informant de l'enregistrement de sa demande, que celui-ci indiquait expressément qu'à défaut de réponse dans un délai de six mois sa demande serait considérée comme rejetée. Par conséquent, cette décision de rejet, qu'il appartient à M. A de contester s'il s'y croit fondé, fait nécessairement obstacle à la mesure sollicitée par ce dernier.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Cergy, le 6 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.