Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409664
mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409664 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Shebabo, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de son certificat de résidence algérien ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée établie, dès lors que l'arrêté attaqué porte retrait de son titre de séjour et qu'elle a fixé l'intégralité de ses intérêts professionnels, familiaux et personnels sur le territoire français accompagnée de son époux avec qui elle vit et qui dispose lui-même d'un certificat de résidence pour une période de dix ans ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l'article
L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ces dispositions ne peuvent être appliquées s'agissant d'un retrait de carte de résident algérien ; qu'en outre, en l'absence de base légale, le retrait de ce titre de séjour n'est pas possible ;
- il est entaché d'erreurs de fait, dès lors qu'elle remplit, à ce jour, l'ensemble des critères permettant l'octroi d'un titre de séjour en raison d'un regroupement familial ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2406855, enregistrée le 14 mai 2024, par laquelle Mme B épouse C demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision du Conseil d'Etat n° 430609 du 10 juillet 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B épouse C, ressortissante algérienne née le 27 juin 1990, a été mise en possession d'un certificat de résidence algérien valable du 15 décembre 2022 au
14 décembre 2032 en exécution d'un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise
n° 2006637 du 3 février 2022. Par une lettre en date du 5 février 2024, le préfet du Val-d'Oise a informé Mme B épouse C qu'une procédure de retrait de son titre de séjour avait été engagée à son encontre. Par un arrêté en date du 22 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de son certificat de résidence algérien au motif que la Cour administrative d'appel de Versailles a annulé, par une décision du 13 décembre 2023, le jugement n°2006637 du 18 février 2022 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise procédant à l'annulation de la décision de rejet de la demande de regroupement familial présentée par son époux, à son bénéfice. Par la présente requête, Mme B épouse C demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté portant retrait de son certificat de résidence algérien.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 du code susmentionné dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. Par une ordonnance n° 2406857 du 31 mai 2024, le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 code de justice administrative, a rejeté une première requête de Mme B épouse C, tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 avril 2024 au motif qu'aucun des moyens invoqués par l'intéressée à l'encontre de cet arrêté n'était de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux quant à sa légalité. Dans le cadre de la présente requête, les moyens soulevés par Mme B à l'encontre du même arrêté ne sont manifestement pas davantage, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions présentées par Mme B épouse C à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 22 avril 2024 doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquences les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C.
Fait à Cergy, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Ouillon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.