Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409768

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409768
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension présentée par l'association Lion Strike Boxing Club. Celle-ci contestait le refus de la commune de Montrouge de lui attribuer des créneaux sportifs pour la saison 2024/2025, ainsi que les refus d'inscription au forum des associations et de domiciliation. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'association n'ayant pas démontré un préjudice suffisamment grave et immédiat, notamment car elle était déjà privée de créneaux lors de la saison précédente. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, l'association Lion Strike Boxing Club, représentée par Me Heddi, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 4 juin 2024 par laquelle la commune de Montrouge a refusé de lui attribuer des créneaux horaires d'accès aux installations sportives municipales durant la saison 2024/2025 et, par voie de conséquence, a rejeté ses demandes tendant à son inscription au forum des associations du 14 septembre 2024 et à sa domiciliation à la maison des associations Montrouge ;

2°) d'enjoindre à la commune de Montrouge de réexaminer sa demande pour l'attribution de créneaux horaires d'accès aux installations sportives municipales durant la saison 2024/2025 et de prendre une nouvelle décision dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ainsi que ses demandes d'inscription au forum des associations du 14 septembre 2024 et de domiciliation à la maison des associations de Montrouge et de prendre de nouvelles décisions dans un délai de 3 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, le tout sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de Montrouge à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie en raison de l'imminence du début de la saison sportive et de l'organisation du forum des associations en septembre prochain, les décisions attaquées la privant de sa pratique sportive et lui causant un préjudice grave, sa pérennité étant sérieusement menacée si elle devait être dépourvue d'adhésions et de subventions municipales pour la prochaine saison, alors qu'elle a déjà été privée d'activité durant la saison 2023/2024 ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

S'agissant de la décision portant refus d'attribution de créneaux horaires d'accès aux installations sportives municipales :

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales et viole le principe d'égalité de traitement entre les usagers ;

- elle porte atteinte aux libertés d'association et de réunion ;

S'agissant de la décision portant refus d'inscription au forum des associations :

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir en ce qu'elle n'est pas fondée sur un critère objectif lié au périmètre de l'événement et méconnaît le principe de non-discrimination ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2410779 enregistrée le 8 juillet 2024, par laquelle l'association Lion Strike Boxing Club demande l'annulation des décisions attaquées ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, l'association Lion Strike Boxing Club demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 4 juin 2024 par laquelle la commune de Montrouge a refusé de lui attribuer des créneaux horaires d'accès aux installations sportives municipales durant la saison 2024/2025 et, par voie de conséquence, a rejeté ses demandes tendant à son inscription au forum des associations du 14 septembre 2024 et à sa domiciliation à la maison des associations Montrouge.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparait manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte des dispositions précitées que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu des circonstances de l'espèce.

4. En se bornant à soutenir que les décisions attaquées la privent de sa pratique sportive et lui causent un préjudice grave, sa pérennité étant sérieusement menacée si elle devait être privée d'adhésions et de subventions municipales pour la prochaine saison, alors cependant qu'elle était déjà dépourvue de créneaux au cours de la saison 2023/2024, l'association ne justifie pas l'urgence à prononcer la suspension de ces décisions.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, qu'il y a lieu de rejeter, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, la requête de l'association Lion Strike Boxing Club en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Lion Strike Boxing Club est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Lion Strike Boxing Club.

Copie en sera adressée à la commune de Montrouge.

Fait à Cergy, le 31 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.