Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409854

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409854
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de Mme A, ressortissante chinoise, qui sollicitait une injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Cette mesure était devenue sans objet car le préfet des Hauts-de-Seine lui avait finalement délivré l'attestation sollicitée, valable jusqu'au 9 octobre 2024. En revanche, le juge a rejeté les conclusions indemnitaires de la requérante, estimant que le juge des référés ne peut ordonner que des mesures provisoires et non une condamnation pécuniaire. La décision applique les articles L. 521-3 et L. 511-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 11 juillet 2024, Mme B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de la justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de son préjudice financier résultant de la suspension de son contrat de travail.

Elle soutient que :

- sa demande est urgente, car, en raison de la carence de la préfecture des Hauts-de-Seine, son contrat de travail a été suspendu le 20 juin 2024, l'empêchant ainsi de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lebdiri, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante chinoise, a été mise en possession d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 29 novembre 2023. Le 7 novembre 2023, elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 4 mai 2024, laquelle n'a pas été renouvelée. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Il résulte de l'instruction que le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à Mme A une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 9 octobre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".

5. En sollicitant du juge des référés qu'il condamne une personne publique au versement d'une somme à fin d'indemnisation, Mme A forme des conclusions insusceptibles de prospérer devant le juge des référés qui, en application des dispositions précitées de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, ne peut ordonner que des mesures provisoires. Par suite, les conclusions indemnitaires formulées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 29 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

S. Lebdiri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24098542