Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409915
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 et 24 juillet 2024, Mme B D, agissant en qualité de représentante légale de son enfant mineur A C, représentée par Me Jami, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise a affecté son fils, A C, en classe de sixième au collège André Chenier à Eaubonne pour l'année scolaire 2024-2025, rejetant ainsi sa demande d'affectation dérogatoire en classe de sixième au collège Jules Ferry à Eaubonne ;
2°) d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise de procéder au réexamen de sa demande de dérogation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise d'inscrire son fils en classe de sixième au collège Jules Ferry à Eaubonne dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, au besoin sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la rentrée scolaire, fixée au
2 septembre 2024, est imminente ; en outre, la décision contestée affecte l'état psychologique de son fils ;
- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* celle-ci est entachée d'une insuffisance de motivation ;
* elle est entachée d'une erreur de droit ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.
Par un mémoire, enregistré le 25 juillet 2024, le recteur de l'académie de Versailles conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la demande de la requérante a été satisfaite, dès lors que, le 24 juillet 2024, le directeur des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a affecté son fils en classe de sixième au collège Jules Ferry à Eaubonne pour l'année scolaire 2024-2025.
Vu
- les autres pièces du dossier.
- la requête n° 2410739, enregistrée le 8 juillet 2024, par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lebdiri, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 25 juillet 2024 à 10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lebdiri, juge des référés ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 4 juin 2024, le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise a affecté A C, fils de Mme D, en classe de sixième au collège André Chenier à Eaubonne. Par la présente requête, Mme D, agissant en sa qualité de représentante légale de son fils mineur, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision et d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise d'affecter son enfant en classe de sixième au collège Jules Ferry à Eaubonne.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Par une décision du 24 juillet 2024, le directeur des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a accordé à Mme D la dérogation demandée, affectant son fils au collège Jules Ferry à Eaubonne à la prochaine rentrée scolaire. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 2 000 euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Versailles.
Fait à Cergy, le 29 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Lebdiri
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.