Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409959
mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409959 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2024, et des pièces complémentaires enregistrées les 15 et 17 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Christophel, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, à titre principal, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Essonne lui a implicitement refusé le renouvellement de sa carte de séjour " vie privée et familiale " en tant que parent d'enfant français et, à titre subsidiaire, la suspension de l'exécution de la décision rejetant implicitement sa demande de renouvellement de récépissé ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, ou à tout préfet territorialement compétent, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail, dans un délai de 15 jours suivant l'ordonnance à intervenir, et ce jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond du dossier, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- la condition tenant à l'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; qu'elle est au demeurant placée dans une situation de précarité professionnelle et financière, l'emploi qu'elle occupe depuis plus de 2 ans étant menacé, tout comme ses droits sociaux, et qu'elle est confrontée au risque d'un placement en rétention ou d'un éloignement alors qu'elle est mère d'un enfant français ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
S'agissant de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplit toutes les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit ;
- elle a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
S'agissant de la décision implicite de refus de renouvellement de récépissé :
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la requête enregistrée le 11 juillet 2024 sous le n° 2409958 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante vietnamienne née le 30 juillet 1978 à Dong Nai au Vietnam, est entrée selon ses déclarations sur le territoire français le 2 août 2019. De son union avec un ressortissant français est né le 27 juin 2021 l'enfant Dorioha, Louis Neven. Mme A a ainsi été mise en possession d'un titre de séjour " vie privée et familiale " valable du
21 avril 2022 au 20 avril 2023, dont elle a sollicité le renouvellement le 28 mars 2023 et pour lequel lui a été délivré un récépissé valable jusqu'au 4 mai 2024 qui ne fera pas l'objet d'un renouvellement malgré ses demandes. Une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est née du silence gardé par l'autorité préfectorale plus de quatre mois après le dépôt de sa demande. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ensemble la décision rejetant implicitement sa demande de renouvellement de récépissé.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par la requérante, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent manifestement pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête, y compris ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais irrépétibles, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera transmise au préfet de l'Essonne et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy le 31 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.