Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409966
mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Amrouche, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant étranger ayant la qualité d'un réfugié et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour durant le temps de fabrication, dans un délai de cinq jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de débloquer son compte sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF), afin d'enregistrer une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de réfugié ou à défaut de lui proposer un rendez-vous physique afin qu'elle puisse déposer la demande ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Amrouche, en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Mme B, en cas de refus de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'inertie de la préfecture porte atteinte à son droit d'aller et venir et à son droit à mener une vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle ne peut pas actuellement bénéficier de certains droits sociaux ;
- elle se trouve dans une situation de vulnérabilité en raison de son état de santé.
Le 26 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a communiqué une pièce attestant qu'une prise de rendez-vous pour Mme B avait bien été enregistrée pour le 14 août à 10h.
Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, la requérante déclare se désister purement et simplement de sa requête, tout en maintenant ses conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire et celles formulées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative ainsi que la demande relative aux dépens.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante soudanaise née le 1er août 1979, est entrée en France en 2022 accompagnée de ses deux filles. Ella soutient avoir rencontré des difficultés sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) pour enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant soudanais bénéficiaire de la protection internationale. Par la requête susvisée, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer aux fins de dépôt de sa demande
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de désistement :
3. Par son mémoire enregistré le 29 juillet 2024, Mme B déclare se désister purement et simplement de sa requête. Son désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. Comme mentionné au point 1, Mme B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Amrouche renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, et sous réserve de l'admission définitive de Mme B, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Amrouche, conseil de Mme B, de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée directement à la requérante.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de Mme B.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Amrouche en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous les réserves énoncées au point 4 de la présente décision. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 800 euros lui sera versée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Amrouche et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 6 août 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N° 2410020