Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410020
mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Calvo Pardo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au sous-préfet d'Antony de le convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une bénéficiaire de la protection subsidiaire, dans un délai de dix jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il est pacsé avec une personne bénéficiant de la protection subsidiaire et qu'il doit pouvoir bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L.424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est par ailleurs père de deux enfants et se trouve dans l'impossibilité de travailler ou de circuler librement ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF), la demande de titre s'avère impossible pour les étrangers membres de famille de réfugié et bénéficiaire de la protection subsidiaire et que les mises en demeure de la préfecture sont restées sans réponse ;
- il subit une rupture de continuité du service public.
Le 16 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a communiqué une pièce attestant qu'une prise de rendez-vous pour M. B avait bien été enregistrée pour le 31 juillet à 10h45.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1994 et déclarant être entré en France en 2019, s'est pacsé le 5 décembre 2022 avec Mme A, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. M. B rencontrant des difficultés pour enregistrer sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) sa demande de titre de séjour en tant que conjoint d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, par la requête susvisée, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au sous-préfet d'Antony de le convoquer aux fins de dépôt de sa demande.
2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Le préfet fait valoir, sans être contredit, que M. B a été convoqué en cours d'instance à se rendre en préfecture le 31 juillet à 10h45 pour y déposer sa demande de titre de séjour. M. B ne conteste pas que, dans ces conditions, sa requête soit devenue sans objet.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. B.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État au bénéfice de M. B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B.
Article 2 : L'État versera à M. B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera communiquée à M. C B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 6 août 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.