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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2410074

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410074

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410074
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le maire de Châtillon a délivré un permis de construire à la SCCV Châtillon - rue du Plateau pour un immeuble de 70 logements. Les requérants, M. et Mme C, invoquaient plusieurs moyens, notamment l'incomplétude du dossier de permis de construire, la méconnaissance des règles du plan local d'urbanisme relatives aux logements sociaux, à la desserte, à la hauteur et à l'aspect extérieur des constructions. Le tribunal a estimé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, et a donc rejeté la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 juillet et 31 juillet 2024, M. B C et Mme A C, représentés par Me Ribière, demandent au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le maire de Châtillon a délivré un permis de construire à la société civile de construction vente (SCCV) Châtillon - rue du Plateau un immeuble de 70 logements sur un terrain situé, 60 à 64 rue du plateau et sentier de l'Orme au Chien à Châtillon ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Châtillon et de la SCCV Châtillon - rue du plateau la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir ;

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'une demande de suspension de l'exécution d'un permis de construire ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le dossier de permis de construire est incomplet en méconnaissance des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le plan de masse n'indique pas les modalités de raccordement des bâtiments aux réseaux publics et ne répertorie pas les points et angles des prises de vues des documents photographiques ;

* le permis de construire méconnaît l'article UB 2.9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Châtillon relatif aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières, faute de prévoir des logements sociaux ; le certificat d'urbanisme délivré le 4 octobre 2022, qui est postérieur à la modification n° 5 du plan local d'urbanisme, ne fait pas obstacle à l'application de l'article UB 2.9 du règlement dans sa rédaction issue de cette modification ; si ce certificat est antérieur, le maire aurait dû surseoir à statuer sur la demande de permis de construire en application des articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l'urbanisme puisque la construction projetée est de nature à compromettre les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal, en cours d'adoption, qui avaient été débattues ; il a dès lors commis une erreur manifeste d'appréciation ; la date de délivrance du certificat d'urbanisme n'est pas certaine puisqu'il est daté du 4 octobre 2022 et a été signé le 10 octobre suivant ; la délibération du 6 septembre 2022 de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris approuvant la modification n° 5 du plan local d'urbanisme de la commune est devenue exécutoire un mois après sa transmission au préfet ; la date de transmission peut être la date d'envoi de la délibération ou de réception ; il n'est pas établi que le certificat d'urbanisme était exécutoire avant le 13 octobre 2022, en l'absence de preuve de sa transmission au préfet et de sa notification à la SCCV Châtillon- rue du Plateau ainsi que le prévoient les articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales et R. 410-18 et R. 410-19 du code de l'urbanisme ;

* le permis de construire méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en cours d'élaboration applicable en zone U4C qui prévoient que 40 % minimum de la superficie du terrain doit être traitée en espace de pleine terre ;

* il méconnaît l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Châtillon relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public dès lors que le sentier de l'Orme au Chien, d'une largeur de quatre mètres, n'est pas proportionné à la desserte du parking de 82 places de stationnement prévu par le projet ;

* il méconnaît l'article UB 10-1-1 de ce règlement relatif à la hauteur relative des constructions puisque la hauteur de la construction est supérieure à celle autorisée par cet article ;

* il méconnaît l'article UB 11 de ce règlement relatif à l'aspect extérieur des constructions dès lors que le projet ne respecte pas l'intérêt ou la qualité des lieux avoisinants, eu égard aux dimensions de l'immeuble projeté.

Par un mémoire, enregistré le 29 juillet 2024, la commune de Châtillon, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, la SCCV Châtillon - rue du plateau, représentée par Me Leparoux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête n'est pas recevable, faute d'être accompagnée d'une requête au fond distincte de la requête en référé ;

- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la requête n° 2409935, enregistrée le 27 juin 2024, par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme L'Hermine, conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 31 juillet 2024 à 13h30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de Mme L'Hermine, juge des référés ;

- les observations de Me Ribiere, avocat de M. et Mme C, qui concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens excepté les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire et de la méconnaissance de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Châtillon relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public, qui ont été expressément abandonnés ;

- les observations de Me Peynet, avocat de la commune de Châtillon, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Tzarowsky, avocate de la SCCV Châtillon - rue du plateau, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 26 avril 2024, le maire de Châtillon a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) Châtillon - rue du Plateau un permis de construire un immeuble de 70 logements sur un terrain situé, 60 à 64 rue du Plateau et sentier de l'Orme au Chien à Châtillon. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521 1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin de suspension au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués, tels qu'énoncés plus haut, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par la SCCV Châtillon- rue du plateau ni de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Châtillon et de la SCCV Châtillon - rue du plateau, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme C demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme C la somme demandée par la commune de Châtillon et de la SCCV Châtillon - rue du plateau au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Châtillon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la SCCV Châtillon - rue du plateau présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Mme A C, à la commune de Châtillon, à la société civile de construction vente Châtillon - rue du plateau.

Fait, à Cergy, le 2 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. L'Hermine

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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