Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410095
jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B C, représenté par Me Karimi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de résoudre le problème technique rencontré sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) dans un délai d'un mois après la notification de l'ordonnance à intervenir et, en tout état de cause, de lui remettre une attestation mentionnant son statut de réfugié ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière, dans l'impossibilité de travailler et sur le point de perdre son logement, alors qu'il a obtenu le statut de réfugié ;
- la mesure sollicitée est la seule voie possible pour enregistrer sa demande.
Par un courrier du 16 juillet 2024, la requête a été communiquée au préfet des
Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant iranien né le 9 avril 1982, est entré sur le territoire français en 2011 et a obtenu le statut de réfugié le 24 janvier 2024 par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Suite à des difficultés rencontrées pour enregistrer sa demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF, par la requête susvisée, M. B C demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre une attestation mentionnant son statut de réfugié.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ".
3. Pour justifier de l'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il y aurait à se voir délivrer une attestation mentionnant son statut de réfugié, M. B C se borne à faire valoir qu'il a tenté à plusieurs reprises d'enregistrer sa demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF. Toutefois, il reconnaît avoir finalement obtenu un rendez-vous en préfecture le 4 juillet 2024, durant lequel il a pu déposer sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, et alors qu'il n'établit pas être sur le point d'être expulser de son logement et qu'il est par ailleurs en mesure de justifier de son droit à résider sur le territoire français par la production de la décision de l'OFPRA, il n'établit pas remplir la condition d'urgence posée par les dispositions précitées.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 8 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.