Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410098

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410098
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. B, ressortissant malien, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence était remplie en raison du risque de perte d'emploi pour le requérant, dont le précédent titre l'autorisait à travailler. Cette décision ordonne la délivrance du récépissé sous sept jours et condamne l'État à verser 800 euros à M. B au titre des frais d'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par

Me Orhant, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il risque de se voir priver d'emploi ;

- la mesure sollicitée est la seule voie pour obtenir un récépissé l'autorisant à travailler.

Par un courrier du 18 juillet 2024, la requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise, qui n'a pas produit d'écritures en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 1er février 1998, déclarant résider sur le territoire français depuis 2015, a été mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Suite à sa demande de renouvellement de ce titre, la préfecture du Val-d'Oise l'a mis en possession de récépissés ne l'autorisant pas à travailler. Par la requête susvisée, M. B demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ".

3. Pour justifier de l'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il aurait à se voir délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler, M. B produit le récépissé de sa demande de renouvellement délivré par les services de la préfecture, valable jusqu'au 22 juin 2024 et ne l'autorisant pas à travailler ainsi qu'un courrier de son employeur attestant être dans l'impossibilité d'obtenir une autorisation de travail pour le requérant faute de titre de séjour valide. Ainsi, eu égard à la date et au fondement de sa demande de titre de séjour et à sa situation professionnelle, et qu'il n'est par ailleurs pas contesté que le précédent titre de séjour de M. B l'autorisait à travailler, le requérant justifie de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. La condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. B doit être regardée comme remplie, de même que la condition d'utilité de la mesure sollicitée, laquelle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. B, dans un délai de sept jours, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Sur les frais d'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 800 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. B, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Article 2 : L'État versera la somme de 800 euros à M. B sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 8 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

T. Viain

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.