Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410142
mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 juillet 2024 et 29 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Redon, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle " passeport-talent - investisseur " dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) à défaut, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'instruire sa demande de délivrance de carte de séjour pluriannuelle " passeport-talent - investisseur " et de lui remettre une attestation de décision favorable ou à tout le moins de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à voyager, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il doit se rendre au Maroc le 22 juillet 2024 dans un but professionnel et qu'à défaut de rendez-vous aux fins de délivrance de son titre de séjour, il ne pourra se réinstaller durablement sur le territoire national, où il a pourtant investi 300 000 euros ;
- les mesures sollicitées sont utiles dès lors qu'elles représentent la seule façon d'obtenir le titre de séjour correspondant à son visa expiré, de préserver sa liberté d'aller et venir et son exercice professionnel.
Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au
non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le requérant a été a été mis en possession d'une autorisation de prolongation de séjour valable du 22 juillet 2024 au 21 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 12 mai 1970, a obtenu le 24 janvier 2024 un visa " passeport talent - investisseur ". Le 29 avril 2024, il a effectué une demande de titre de séjour " passeport talent - investisseur ", restée sans réponse à ce jour. Par la requête susvisée, M. B demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à voyager.
2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour justifier de l'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il y aurait à se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande l'autorisant à voyager, M. B se borne à faire valoir qu'il voyage pour des raisons professionnelles, sans autre précision, et qu'il doit se rendre le 22 juillet 2024 à l'assemblée extraordinaire de la société LM immobilier, sans toutefois justifier de la nécessité de sa présence ou de l'impossibilité de s'y faire représenter par un mandataire ou d'y assister à distance. S'il fait également valoir que son visa de séjour a expiré le 15 mai 2024, il ressort du mémoire en défense du 24 juillet 2024 que le préfet des Hauts-de-Seine l'a mis en possession d'une attestation de prolongation de séjour valable jusqu'au 21 octobre 2024. Dans ces conditions, il n'établit pas remplir la condition d'urgence posée par les dispositions précitées.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine
Fait à Cergy, le 7 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.