Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410240

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410240
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, réfugié afghan, qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident de dix ans. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant d'avoir apporté des précisions sur sa situation personnelle, familiale ou professionnelle, et compte tenu de la possession d'une attestation de prolongation valable jusqu'au 27 décembre 2024. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Souidi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour lui remettre une carte de résident valable 10 ans, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il bénéficie du statut de réfugié et que la durée de traitement de sa demande de titre de séjour est anormalement longue et révèle un dysfonctionnement des services de la préfecture ;

- cette situation constitue une atteinte au principe de continuité du service public et d'égalité devant les services publics.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan né le 11 mai 1997, a obtenu le statut de réfugié le 22 novembre 2021. Il a déposé une demande de titre de séjour le 3 décembre 2021 et a été mis en possession de plusieurs récépissés et attestations de prolongation d'instruction de sa demande, sa dernière attestation de prolongation étant valable jusqu'au 26 décembre 2024. La préfecture ne lui ayant toujours pas délivré de titre de séjour malgré ses nombreuses relances, par la requête susvisée, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour lui remettre une carte de résident valable dix ans.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". D'autre part, l'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour lui remettre une carte de résident valable dix ans, M. B fait valoir le caractère anormalement long du traitement de sa demande de titre de séjour, sans toutefois apporter la moindre précision sur sa situation personnelle, familiale ou professionnelle ou sur la précarité de sa situation financière. Par ailleurs, il est constant que M. B est en possession d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour le maintenant dans une situation régulière jusqu'au 27 décembre 2024. Dans ces circonstances, M. B ne peut être regardée comme justifiant, à la date de la présente ordonnance, de l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 précité.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris dans ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 6 août 2024.

Le juge des référés,

signé

T. Viain

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.